Lundi 12 novembre 2018 | Dernière mise à jour 18:42

Berne 72 ans après, l'épave d'un DC-53 ressurgit du glacier

Les fortes chaleurs ont fait réapparaître ces derniers jours les vestiges de ce crash qui est à l’origine du sauvetage aérien suisse.

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Sa prison de glace est en train de fondre à grande vitesse et de nombreux vestiges de ce qui était un Dakota C-53 refont surface. De l’avion lui-même, ce sont ses ailes et ses hélices qui sont désormais visibles. Mais dans ce qui ressemble aujourd’hui à un champ de gravats sur le glacier, on trouve également des boîtes de conserve, des cintres et des cuillères que l’appareil militaire américain transportait, a pu se rendre compte sur place l’émission de la SRF, «Schweiz Aktuell».

Généraux américains à bord

Si les glaciers sont connus pour être les cimetières de drames alpin, celui du Gauli, dans les Alpes bernoises ne fait figure de tombeau que pour l’avion. Miraculeusement, toutes les personnes qui étaient à son bord ont survécu au crash qui s’est produit le 19 novembre 1946. Ce jour-là, le Douglas C-53 américain, version militaire du DC-3, s’envole de Munich pour rallier Marseille, transportant 12 personnes, dont des généraux américains et leurs familles. Le pilote s’est-il perdu ou a-t-il voulu prendre un raccourci au-dessus des Alpes? Toujours est-il que, pris dans le brouillard et de forts vents, l’appareil, volant à 280 km/h, heurte le flanc sud du Berglistock et s’immobilise sur le glacier à une altitude de 3500 mètres, à 10 km environ de la station de ski de Grindelwald.

Une armée à son secours

Personne n’est tué dans le crash, on compte uniquement quelques blessés , dont un membre d’équipage qui a le genou fracassé. Et c’est alors que débute un sauvetage qui sera à l’origine de la création de la Rega. L’épave n’est en effet repérée que trois jours après, car, suite à une erreur d’appréciation, on a cru que l’appareil s’était écrasé dans les Alpes françaises. Pour récupérer leurs hauts-gradés, les Américains sortent le grand jeu. Ils font venir d’Italie 150 chasseurs alpins et plusieurs véhicules à chenilles.

Mais pour cette armada, atteindre l’épave se révélera long et compliqué. Deux pilotes militaires suisses n’attendent pas et vont survoler le lieu du crash, larguant vivres et matériel de secours aux passagers de l’avion. Mais il pensent pouvoir faire plus en montant des skis d’appoint sous les patins de leurs Fieseler Storch. Et, alors que la colonne de secours a enfin atteint les «naufragés» et s’apprête à les ramener dans un périple qui s’annonce délicat, les pilotes parviennent à se poser à 500 mètres de l’épave, sur une piste balisée à la hâte avec des bâtons de ski par les hommes au sol. Il suffira alors de huit vols de 12 minutes chacun pour ramener les 12 rescapés en plaine. Ce fut le premier secours en montagne par voie aérienne de l’histoire suisse. Et il était temps puisque une tempête s’est levée à peine l’opération terminée qui, en trois jours, va complètement recouvrir l’épave.

Hélice retrouvée en 2012

En 2012, trois jeunes alpinistes découvraient l’hélice du DC-53. Mais la canicule qu’a connu la Suisse en a aujourd’hui dévoilé bien davantage. Le glacier a entraîné l’épave à 3,5 km du site du crash. Selon «Schweiz Aktuell», le gardien de la cabane du Gauli souhaite faire tout son possible pour préserver l’épave du DC-53 sur place, car de nombreux touristes se rendent en ces lieux uniquement en raison de sa présence. Les nombreux débris désormais visibles devraient en attirer encore davantage.

(Le Matin)

Créé: 12.08.2018, 13h44

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