Vendredi 19 octobre 2018 | Dernière mise à jour 05:20

Feu «Dans 99% des cas nous sommes dans les temps. Et je suis prudent»

Échaudés par des suspicions de lenteur, les pompiers lausannois et vaudois nous expliquent leur organisation et nous livrent leurs statistiques.

On dénombre quelque 120 pompiers professionnels à Lausanne. Et environ 2500 pompiers volontaires dans le canton de Vaud.

On dénombre quelque 120 pompiers professionnels à Lausanne. Et environ 2500 pompiers volontaires dans le canton de Vaud. Image: SPSL

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«Les pompiers sont trop lents.» «Le Matin» s’était fait l’écho fin septembre d’un article de la «SonntagsZeitung» qui relatait qu’en zone urbaine, les hommes du feu doivent être en dix minutes sur les lieux d’un incendie dans 80% des cas. Et avançait qu’à Lausanne ce taux n’était pas atteint: 73%.

Mais ces chiffres de nos confrères alémaniques (et le titre du «Matin») ont fait tousser les pompiers. «On ne voudrait pas que les citoyens se disent qu’ils sont en danger ou traités de manière inégale», note Sylvain Scherz, Chef du Service de Protection et Sauvetage de la Ville de Lausanne (SPSL). Avec le colonel François Iff, inspecteur cantonal défense incendie et secours, ils souhaitent expliquer ce qui a été mis en œuvre dans le canton et sa capitale. Et mettre des points sur des i.

Des objectifs différents et qualitatifs

En Suisse, d’abord, le temps d’intervention recommandé a été fixé par la Coordination suisse des sapeurs-pompiers (CSSP): dix minutes pour un incendie dans une zone à forte densité; 15 minutes dans une zone moins peuplée. Et ce délai devrait être tenu dans 80% des cas. C’est exact. Mais le canton de Vaud fait exception. Il a ses propres critères, inscrits dans un arrêté entré en vigueur début 2011: entre 15 et 18 minutes pour les régions urbaines; 20 à 23 pour les régions extra-urbaines. Objectif qui doit être lui aussi atteint dans 80% des interventions.

«Mais nous avons également des objectifs qualitatifs, qui n’existent pas ailleurs», relève François Iff. L’arrêté précise en effet que «cinq sapeurs au minimum» doivent être dans les temps sur le lieu du sinistre. Et munis de «moyens de sauvetages» (échelles) et «d’extinction» (tonnes pompes).

Modélisation basée sur les données GPS

Bien. Mais quelles données ont-ils pour répondre aux estimations de la «SonntagsZeitung». L’hebdomadaire avait effectué des calculs basés sur Google Maps pour des interventions des pompiers de Lausanne dans leur commune en partant de leur caserne de la Vigie, au Flon.

«Nous avons une modélisation comparable basée sur nos données GPS, avec des départs depuis la caserne de la Vigie pour toutes sortes d’interventions. Pas uniquement pour la commune, mais également pour toute l’agglomération de la ville», explique Sylvain Scherz.

Résultat? Les hommes du feu sont sur place en moyenne six minutes après leur départ pour les zones urbaines, soit 85% des cas. En moyenne 13 minutes pour les zones extra-urbaines, qui représentent 13% des interventions. Pour les 3% restant il faut compter un peu plus d’une heure mais ce sont des missions exceptionnelles, comme un transport d’organe. À ces minutes il faut ajouter le temps de se mobiliser et de partir une fois l’alarme reçue. «Quelque deux minutes» pour Lausanne. Soit huit minutes environ en moyenne pour la majeure partie des interventions. La ville est donc parfaitement dans les clous par rapport aux objectifs fixés.

15 casernes mobilisables

D’autant qu’elle fait en fait mieux que ces données. «Cette modélisation est théorique car toute notre approche est basée sur la collaboration et le partage des compétences», souligne François Iff. Qui explique que de Cheseaux à Écublens en passant par Lutry ou Renens on compte 15 casernes de pompiers dans l’agglomération lausannoise. «Faire tous ces calculs depuis la centrale lausannoise n’a aucun sens. Dans la réalité, si un incendie se déclare à Vers-chez-les-Blanc, ce seront logiquement les pompiers d’Épalinges qui seront les premiers sur place, car ils sont bien plus proches.»

OK. Mais au final, à part dans les cas nommés «complications exceptionnelles» dans la loi (une ville complètement paralysée, de la grêle, etc.), selon leurs critères, dans combien de pour-cent des cas les hommes du feu lausannois sont-ils sur place dans les temps? «Mais dans 100% des cas», répond François Iff. «Enfin non: soyons prudents, disons 99%...» Voilà pour les points sur les i. (Le Matin)

Créé: 11.10.2018, 07h57

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