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CANCER «Appeler un crabe un crabe»

Sur Facebook, Thierry Barrigue, fondateur de «Vigousse», a lâché qu’il avait un cancer. Pour lui et son ami politicien Michel Carron, il faut en parler sans fausse pudeur.

«Mon cancer reste soignable, d’autres y ont passé et ont été guéris», note Thierry Barrigue, directeur et rédacteur en chef de «Vigousse.

«Mon cancer reste soignable, d’autres y ont passé et ont été guéris», note Thierry Barrigue, directeur et rédacteur en chef de «Vigousse. Image: Laurent de Senarclens

«Je me bats comme un immortel»

 Qu’il lutte contre la mainmise politique du PDC sur le Valais politique ou contre les métastases d’un cancer, Michel Carron reste un homme de combat sans demi-mesure. Depuis deux ans, ses amis peuvent suivre sur Facebook l’évolution de son cancer pernicieux, qui vient de reprendre après une période de rémission: «A partir de ce stade, je sais que je suis dans le couloir de la mort!» Pendant ce temps, il continue de jouer au golf: «A tout instant je suis prêt à partir, mais le plus tard possible, je me bats comme un immortel.»

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«En ce qui concerne mon petit crabe, j’espère bien lui tordre le cou… Reste à savoir si le crabe a un cou!» Le 7 juillet, Thierry Barrigue fêtait ses 63 ans. Très actif sur Face­book, le fondateur du journal satirique «Vigousse» a reçu une multitude de messages d’anniversaire et de bonne santé. Nombre de ses amis savaient sans doute déjà la vérité, mais c’était la première fois qu’il parlait publiquement du mal découvert lors d’un examen de routine.

Le 2 avril dernier, une coloscopie révélait des mélanomes dans son côlon. L’ancien dessinateur du «Matin» tombait de haut, lui qui n’avait jamais été malade ni hospitalisé de sa vie. Comme un malheur n’arrive jamais seul, l’examen a causé une péritonite qu’il a fallu opérer et qui lui a valu une semaine de lit d’hôpital. «Tout le monde est triste de découvrir ça, accepte-t-il, philosophe. Ensuite c’est important d’en parler, il faut appeler un crabe un crabe. Beaucoup de gens dans ma famille sont morts du cancer, alors que jamais le mot n’a été prononcé.»

Il garde son humour

Son cancer a été repéré très tôt, il n’est pas agressif et son évolution est lente. Avec son oncologue, ils ont décidé une immunothérapie, soit huit séances de perfusion, sans chimiothérapie, pour faire le point à l’automne. «Comme on était en avril, j’ai dit autour de moi: l’année dernière c’était le Printemps arabe, cette année c’est le printemps à crabe! L’important est de garder son humour. C’est là que je rejoins le politicien valaisan Michel Carron, qui parle de son cancer sur Facebook. Depuis deux ans, il se bat courageusement, il dit les choses telles qu’elles sont.»

L’ancien candidat indépendant au Conseil d’Etat valaisan souffre d’un cancer bien plus avancé que celui du dessinateur. «Avec Barrigue, on s’écrit parfois, raconte-t-il. Sur Facebook, on partage avec beaucoup de monde et c’est assez émouvant. Il y a des gens dont les proches sont malades, des gens déprimés aussi, qui s’expriment. C’est un exutoire.» Depuis l’été 2011, le Valaisan a fait 10 chimiothérapies et 25 radiothérapies. Lui aussi estime qu’il faut parler du cancer sans détour, tout en admettant qu’il y a «des cancéreux extravertis et d’autres introvertis». Thierry Barrigue est plus réservé: «Sur Facebook, c’est délicat de s’exprimer sans fausse pudeur et sans tomber non plus dans l’exhibitionnisme.» Lui a décidé d’informer seulement lors d’occasions particulières, comme pour son anniversaire: «Mon cancer reste soignable, d’autres y ont passé et ont été guéris. Sans provocation, j’ai envie de dire que c’est presque une chance à 63 ans d’appréhender les choses différemment, de s’interroger sur le sens de la vie ou de faire l’éloge de la fragilité.»

Enfin, pour lui, la fréquentation du milieu médical est une nouvelle source d’inspiration. Le premier diagnostic a été suivi d’une quantité d’examens, de la biopsie jusqu’au scanner nucléaire. Depuis qu’il fréquente assidûment les infirmières, les oncologues ou les radiologues, «je leur demande toujours comment ils vont!», conclut-il en tirant sur sa pipe fétiche. Mais personne n’a pu lui dire encore si le crabe avait un cou.

Créé: 10.07.2013, 11h28


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