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Suisse Berne ne veut pas assouplir l'alerte enlèvement

Le Conseil fédéral estime qu'il faut maintenir les critères stricts de son déclenchement. Il pourrait l'étendre toutefois aux adultes.

En Suisse, la police reçoit et traite chaque année plusieurs milliers d'annonces de disparition. Image: Keystone

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L'alerte enlèvement répond aux exigences actuelles et il faut maintenir les critères stricts de son déclenchement, estime le Conseil fédéral dans un rapport. Sinon, son impact pourrait diminuer. Tout au plus, le système en vigueur pourrait être étendu aux adultes.

Le gouvernement a répondu mercredi au postulat déposé en 2014 par l'ex-conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD). Celui-ci demandait d'étudier un assouplissement des conditions à remplir et la possibilité d'instaurer un niveau intermédiaire d'alerte.

En Suisse, la police reçoit et traite chaque année plusieurs milliers d'annonces de disparitions, rappelle le Conseil fédéral. Si une alerte devait être déclenchée pour chacune d'entre elles, sans un soupçon concret et confirmé d'enlèvement, la population serait confrontée tous les jours à des messages d'alerte.

Assouplir ces critères risquerait donc de désensibiliser la population et de réduire l'impact des alertes.

Le gouvernement estime en outre que les bases légales sont suffisamment précises. C'est à la police cantonale ou au ministère public compétent de déclencher l'alerte. Elle doit peser le pour et le contre.

Aussi pour les adultes

«Il ne faut pas déclencher une alerte, lorsque des éléments laissent penser qu'elle pourrait provoquer chez l'auteur de l'enlèvement une réaction non souhaitée, augmenter le danger pour l'enfant ou entraver l'action de la police du fait d'un écho médiatique important», précise le rapport.

Le dispositif d'alerte pourrait toutefois être étendu aux adultes, selon le Conseil fédéral. Mais dans ce cas également, les alertes déclenchées devraient rester l'exception.

Jamais déclenché

L'alerte enlèvement, mise en place en 2010, n'a jamais été déclenchée. La question avait fait débat lors du rapt en 2011 par leur père des jumelles Livia et Alessia de Saint-Sulpice (VD), portées disparues depuis.

Elle est revenue sur la table en décembre au Grand Conseil vaudois. Une députée socialiste a déposé un postulat pour une alerte enlèvement plus efficace. Elle a demandé un rapport au Conseil d'Etat sur les motifs qui ont conduit la police vaudoise à ne pas déclencher ce dispositif lors de la disparition des jumelles. (ats/nxp)

Créé: 17.02.2016, 13h34

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