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éditorial Berne: un très insuffisant service paternel de deux semaines

En proposant un micro congé paternité de 10 jours, les Chambres fédérales veulent se débarrasser du problème à moindres frais. En Suisse, tous les parents mériteraient mieux.

Certains à Berne ont du mal à comprendre que les temps ont changé. Bien des pères souhaitent aujourd'hui avoir du temps pour s'occuper de leurs enfants en bas âge.

Certains à Berne ont du mal à comprendre que les temps ont changé. Bien des pères souhaitent aujourd'hui avoir du temps pour s'occuper de leurs enfants en bas âge. Image: istock

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Deux, quatre ou huit semaines? 14 semaines pour chacun des deux parents ou 38 semaines pour les deux? 14 semaines chacun et 10 semaines à choix, ou alors 52 semaines moitié-moitié? Le débat sur le congé paternité est un incroyable souk. Au final, la majorité des membres de la Commission de la santé et des affaires sociales retiennent la solution minimale, deux semaines, point barre.

Riche et radin

«La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde mais l’un des plus pauvres en matière de congé parental», répète la conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE). Ce n'est pas près de changer avec ces deux semaines ridicules retenues par les Chambres fédérales comme contre-projet aux quatre petites semaines que propose une initiative.

Des pères choyés ?

Ce printemps, Novartis annonçait qu'elle allait donner 14 semaines à ses employés pères. Elle devenait plus généreuse que Google, 12 semaines, Ikea, 8 semaines, ou encore Microsoft, 6 semaines. Comment expliquer que ces fleurons de l'économie ont compris qu'il était important de choyer les pères lors de la naissance d'un enfant, mais pas les élus bourgeois du Conseil national?

Blocage culturel

Le Parlement veut régler le problème en s'en débarrassant à moindre frais. On dit que c'est une question de coûts, mais c'est d'abord un blocage culturel et symbolique. La proposition des Chambres perpétue l'opposition entre la mère et le père. L'une accouche et s'occupe des enfants, l'autre travaille pour faire bouillir la marmite. Comme dans la famille Maurer à Zurich! Pour certains, quelques jours de congé sont déjà de trop. Un jour suffit, comme aujourd'hui.

Définir des opportunités

Bien des pays qui nous entourent ont réalisé qu'il faut intégrer les deux géniteurs dans l'accompagnement de l'enfant après sa naissance. Le congé parental tombe sous le sens. Certes, la fibre paternelle n’est pas la même chez tous les pères et les couples n’ont pas forcément les mêmes objectifs. La loi devrait finalement définir des opportunités à l'intérieur de 28 semaines, que les parents aménageraient en fonction de leur sensibilité et de leur travail. Ce serait plus motivant que de fixer une règle de type militaire, comme un service paternel de deux semaines!

Une problématique évolutive

Restent les coûts dans un pays riche... Dans ce domaine au long cours, la Suisse peut bien se permettre des années d’essai avec des solutions flexibles. On verra bien après quelque temps comment les couples s'arrangent, ceux qui utilisent la totalité ou non. On doit envisager cette problématique comme évolutive plutôt que définitivement réglée par un pis-aller.

Créé: 16.08.2019, 15h23

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