Lundi 25 mai 2020 | Dernière mise à jour 13:36

Sida Campagne basée sur les regrets sexuels des Suisses

L'an dernier, 575 diagnostics de contamination par le virus du sida ont été annoncés en Suisse, soit un recul de 8% par rapport à 2012. L'Office fédéral de la santé publique lance une nouvelle campagne de prévention.

Pascal Strupler, directeur de l’OFSP

Il explique les raisons de la campagne que lance l'OFSP

Le Matin: Vous axez la campagne contre le sida, non plus sur les malades, mais sur la prévention. Pourquoi ?

Pascal Strupler: Nous avons désormais de moins en moins de décès dus au sida grâce à des médicaments très efficaces. Les chiffres sont en outre encourageants pour 2013 avec 575 cas de VIH, un chiffre en recul de 8%. Et nous sommes optimistes quant aux chances de voir ce chiffre descendre à 350 d’ici 2017. Raison pour laquelle, nous essayons de nous concentrer désormais sur la prévention afin d’éviter la propagation du virus.

Vous avez présenté une étude sur les regrets des Suisses par rapport à leur sexualité. Quelles conclusions principales en tirez-vous ?

Nous avons constaté que 20% des Suisses regrettaient d’avoir eu des relations sexuelles non protégées. Notre campagne touche donc une certaine réalité. Par ailleurs, les femmes et les hommes ont des comportements différents. Nous avons constaté que les femmes regrettent surtout la sexualité non protégée ou encore une activité sexuelle trop rapide. Les hommes ont plutôt tendance à regretter de n’avoir pas essayé une nouvelle position, ou quelque chose de plus excitant. En tant qu’homme, je n’ai pas été surpris par ces résultats.

Vous cherchez des Suisses pour jouer les modèles en matière de sexualité en vue de la prochaine campagne d’affiches dès cet été. Par ailleurs, le clip de votre campagne est assez osé. Ne craignez-vous pas de faire l’apologie du sexe plutôt que de la prévention ?

Nous avons toujours fait attention à ne pas avoir de représentations pornographiques dans nos campagnes d’affichage et de véhiculer une émotion. Mais il est impossible de faire une campagne sur le sida sans parler de sexe. Notre but n’est pas de choquer, mais un brin de provocation permet d’attirer les gens et de les sensibiliser sur cette thématique. Néanmoins, nous allons veiller à ne pas placer nos affiches près des écoles ou d’endroits sensibles.

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Au moins une personne sur trois regrette quelque chose de sa vie sexuelle passée. La nouvelle campagne contre le VIH et autres maladies sexuellement transmissibles exploite ce sujet sous la devise «LOVE LIFE - ne regrette rien». En 2013, 575 diagnostics de contamination par le virus du sida ont été annoncés en Suisse.

C'est 8% de moins que l'année précédente. L'augmentation surprenante du nombre de cas de contamination par le VIH en 2012 n'était donc pas un retournement de tendance, se sont réjouis les responsables de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) lundi 12 mai lors d'une conférence de presse.

La diminution est liée surtout au recul de cas de contamination parmi les homosexuels. Le nombre de déclarations touchant les autres groupes de la population ne s'est que très peu modifié. Les jeunes sont peu touchés, les principales victimes du VIH étant des personnes entre 35 et 41 ans.

Autres infections en hausse

Le but des campagnes de prévention est encore loin d'être atteint, puisqu'il s'agit de parvenir à un plafond de 350 cas par an d'ici 2017, a constaté le directeur de l'OFSP Pascal Strupler. L'alerte est loin d'être levée également pour d'autres maladies sexuellement transmissibles.

Ainsi, 1609 cas de gonorrhée ont été annoncés, en progression de 7% par rapport à 2012, a précisé Roger Staub, de l'OFSP. Outre la propagation rapide de cette infection, la thérapie pour la combattre préoccupe de plus en plus. Un nombre croissant d'agents pathogènes résistent aux thérapies antibiotiques courantes.

Une nette croissance des cas de chlamydiose, frappant surtout les jeunes femmes, s'est confirmée. En 2013, 8528 contaminations par cette maladie pouvant causer une stérilité ont été constatées. Pour ce qui est de la syphilis, l'OFSP parle de ralentissement à un niveau élevé, avec 538 déclarations.

Des remords

Pour réduire le nombre de personnes infectées, l'Office de la santé publique lance une nouvelle campagne fondée sur une étude des mœurs. D'après une enquête américaine, les plus grands sentiments de remords sont liés à des décisions d'ordre sexuel, a signalé Regula Fecker de l'agence de communication responsable de la campagne.

En Suisse aussi, un sondage auprès de 1000 personnes montre que plus d'une sur trois a des regrets concernant sa vie sexuelle. Il s'agit par exemple d'une relation avec le mauvais partenaire (18%), de relations non protégées (18%) ou sous l'emprise de l'alcool ou de drogues (6%). Une personne sur dix a reconnu avoir eu des relations sexuelles non protégées avec un partenaire dont elle ignorait le statut VIH au cours des douze derniers mois.

La nouvelle campagne LOVE LIFE veut propager un mode de vie axé sur le plaisir et la responsabilité, avec des messages tels: «J'aime ma vie. J'en prends soin», «J'aime mon corps. Je le protège» et «Je ne regrette rien. J'y veille».

Un casting de photo

Le but est de pousser la population active sexuellement - près de 90% des personnes âgées de 18 à 60 ans - à devenir acteurs et vecteurs du message. Ainsi, le site Internet lovelife.ch permet de poser sa candidature pour un casting visant à trouver des protagonistes pour la campagne d'affichage, qui seront photographiés dans des situations «mêlant sensualité et authenticité».

L'OFSP mise sur la participation sociale dans la prévention. L'objectif est que tous assument une responsabilité pour eux-mêmes et se protègent activement afin de ne rien regretter, a relevé Roger Staub. Les affiches présentant les protagonistes sélectionnés seront publiées dès juillet. (ats/Christine Talos/nxp)

Créé: 12.05.2014, 12h09

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