Samedi 16 février 2019 | Dernière mise à jour 09:43

Terrorisme Ces Suisses qui émargent à l'Etat islamique

Les fiches de personnel transmises par un déserteur de Daech confirment la présence de Suisses dans les rangs de la milice.

Abu Suleiman Al-Swisri (à gauche), avec le Français Mourad Fares (à droite) qui l'a recruté, et un djihadiste inconnu.

Abu Suleiman Al-Swisri (à gauche), avec le Français Mourad Fares (à droite) qui l'a recruté, et un djihadiste inconnu. Image: Sonntagszeitung

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C'est désormais une certitude: des Suisses combattent dans les rangs de l'Etat islamique. C'est en effet ce qui ressort de la liste des combattants qu'un déserteur a exfiltrée et transmise aux autorités occidentales.

Le Tages-Anzeiger et l'émission alémanique «10 vor 10» ont pu en découvrir quatre, qui ont voyagé entre 2013 et 2014 ans les territoires contrôlés par la milice.

Les fiches de personnel confirment

Le premier est un Valaisan de 32 ans, qui est revenu de Syrie et a été condamné par le Ministère public en novembre 2014 à 600 heures de travail d'intérêt général. Il doit également suivre une psychothérapie. Selon les fiches de personnel de l'Etat islamique, cette recrue veut combattre et n'est pas volontaire pour un attentat-suicide. Il est enregistré comme célibataire et sans enfant, avec une faible connaissance de la chariah, la loi islamique. Il donne le nom de son père à avertir en cas de décès, avec un numéro de téléphone en Suisse..

Le deuxième, âgé de 25 ans, est connu sous son nom de combattant, Abu Suleiman Al-Swisri. Ce Vaudois d'origine algérienne est parti pour la Syrie en octobre 2014 et s'y trouverait toujours. Selon la mère, son fils aurait été victime d'un lavage de cerveau de la part des extrémistes. Il est passé par au moins trois autres groupes radicaux, dont le Front Al-Nosra et la Katiba-Al-Muhajireen avant de rejoindre l'Etat islamique.

Deux autres hommes ont également expliqué au groupe qu'ils avaient passé plusieurs mois en Suisse, le premier d'origine nord-africaine. Le second est un Egyptien qui a vécu en Suisse romande. Tous deux voulaient être des combattants.

Une mine pour le Ministère public

Les listes de personnel comptaient plus de 20'000 noms et il n'est pas exclu que d'autres Suisses apparaissent durant le dépouillement. Ces informations sont d'une grande importance pour le Ministère public de la Confédération, qui mène «environ 60 procédures pour terrorisme motivé par le djihad», comme il l'a précisé au quotidien zurichois.

Il est normalement très difficile de prouver que les suspects se sont bien rendus en Irak ou en Syrie pour aller combattre dans les rangs de l'Etat islamique ou une autre organisation similaire. Les fiches de personnel constituent donc une source de première importance.

Le parcours d'Abu Mahdi Al-Swisri

Le parcours du Valaisan est plus ou moins connu. M. A. a franchi la frontière turco-syrienne en décembre 2013 avec l'aide d'un passeur avant de rejoindre l'Etat islamique dans un village au sud-est d'Alep. Il y a appris l'utilisation d'armes et a pris des tours de garde, selon l'accusation du Ministère public.

Il y a pris le nom d'Abu Mahdi Al-Swisri et constaté que le village abritait un groupe de djihadistes spécialisés dans les attentats suicide avec des ambulances. A son retour en Suisse, il a prétendu avoir suivi sur place une formation de troupes sanitaires. Avec d'autres habitants du camp, il s'est rendu par la suite à Raqqa, la «capitale» de l'Etat islamique où il a été arrêté.

La fiche d'Abu Mahdi Al-Swisri

Il a alors passé 54 jours en prison car il avait sur lui des «images à caractère homosexuel». Il est libéré trois mois après son arrivée en Syrie, est parvenu à repasser en Turquie et à rentrer en Suisse. Il a coopéré pleinement avec les autorités helvétiques, affirmant regretter son aventure syrienne.

N'ayant que de faibles connaissances de l'islam et ne parlant par arabe, son récit pose beaucoup de questions. Un psychiatre qui l'a examiné a conclu à un trouble de la personnalité, le jeune homme étant désorienté et recherchant un sens à sa vie. Il espérait trouver parmi les djihadistes une «fraternité», une «communauté» qu'il a «naïvement idéalisée». (nxp)

Créé: 15.03.2016, 17h29

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