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Phénomène Cette nicotine en fioles nous envahit

La Suisse a sans doute dépassé les 100 000 «vapoteurs». Un boom. Ils sont obligés d’importer de l’étranger leurs fioles de nicotine, interdites de vente ici.

Commandées sur Internet, les fioles de nicotine affluent en Suisse par paquets.

Commandées sur Internet, les fioles de nicotine affluent en Suisse par paquets. Image: DR

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La cigarette électronique – ou le «vapotage» – connaît un essor phénoménal depuis deux ans en Suisse. Au premier semestre 2013, le Monitorage suisse des addictions avait estimé qu’environ 1% des plus de 15 ans étaient adeptes de la cigarette électronique. Soit l’équivalent de 66 000 personnes. Les chiffres du second semestre seront publiés prochainement, mais de toute évidence la progression est constante «et même exponentielle, estime Alain Vaucher, le président de l’association Helvetic Vape, il suffit de regarder autour de soi…»

Depuis 2010, la législation helvétique autorise l’usage de la cigarette électronique mais pas la vente libre de nicotine, qui relève d’une autorisation de Swissmedic. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) précise toutefois que les consommateurs peuvent importer à titre individuel au maximum 150 ml de liquide à base de nicotine. Cette quantité est censée couvrir une consommation normale de 60 jours.

Un retour à la «prohibition»

Les consommateurs suisses doivent donc acheter à l’étranger, souvent en commandant sur Internet et en se faisant livrer par la poste. Alain Vaucher regrette cette forme de «prohibition»: «Certains en vendent sous le manteau, d’autres font des achats groupés. Dans mon cas, j’avais passé une commande qui faisait 180 ml. Je m’étais trompé, c’est vrai, et la douane a détruit mon paquet.»

Aux douanes suisses, on reconnaît que cette mode ne va pas sans de nouveaux contrôles. «Les infractions constatées concernent essentiellement des personnes privées qui importent des quantités supérieures», explique Jean-Claude Fleury, expert à l’Administration fédérale des douanes. Pour lui, la situation est encore gérable, même si cela exige du travail supplémentaire: «Les envois qui dépassent les tolérances doivent faire l’objet d’une décision de refoulement contre laquelle l’importateur peut s’opposer. Cela occasionne qu’on le veuille ou non du travail supplémentaire, mais sans parler de surcharge.» Quant aux produits, ils font l’objet d’un dédouanement et sont frappés par la TVA. Pour un envoi de 150 ml, cela représente environ 20 francs.

Ceux qui ne se font pas livrer par la poste se déplacent de l’autre côté de la frontière. Les Romands vont s’approvisionner en France voisine à moindres frais: «Si les quantités tolérées sont importées dans le trafic touristique par le voyageur lui-même, les marchandises sont en franchise de redevances», précise Jean-Claude Fleury.

Et cette situation risque de durer encore longtemps. Malgré la progression fulgurante des vapoteurs, la législation ne va pas changer de sitôt. Le Conseil fédéral a promis une nouvelle loi sur les produits du tabac, qui sera mise en consultation cet été. Mais déjà, la très influente Commission fédérale pour la prévention du tabagisme veut maintenir l’interdiction de la vente de nicotine en Suisse pour les cigarettes électroniques.

Créé: 01.02.2014, 08h59

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