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Panama Papers Des avocats genevois très actifs au Panama

Des fiduciaires et cabinets d'avocats sont également impliquées dans la création et l'administration de sociétés offshore pour des clients sulfureux.

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Des avocats et des fiduciaires suisses ont joué un rôle de premier plan dans la création et l'administration de sociétés offshore. Genève n'est pas épargnée, comme l'a relevé L'enquête du Matin Dimanche qui participe à l'enquête des «Panama Papers» via la presse régionale.

Le nom de Marc Bonnant, la vedette du barreau genevois, est ainsi apparu. On retrouve l’ancien bâtonnier à la tête d’une société aux îles Vierges britanniques au service de l’homme d’affaires sud-africain Khulubuse Clive Zuma, surnommé KCZ. Ce dernier est le neveu de l’actuel président sud-africain Jacob Zuma. Ses sociétés ont obtenu des contrats pétroliers en République démocratique du Congo (RDC) alors qu'elles n'ont aucune expérience dans la branche.

A la tête de 136 entreprises

Parmi les autres clients de l'avocat cité dans les «Panama Papers» figure Ziad Takieddine, un intermédiaire franco-libanais cité plusieurs fois en France dans des grands contrats d’armement. Marc Bonnant a également dirigé une société contrôlée par un proche de Jean-Marie Le Pen.

L'avocat genevois a dirigé au moins 136 sociétés qui servaient à détenir des comptes bancaires pour le compte de personnalités aussi diverses que le diamantaire Beny Steinmetz, poursuivi par la Guinée, les Etats-Unis et la Suisse pour corruption. Ou encore de Dan Gertler, un homme d’affaires proche du président congolais Joseph Kabila, accusé d’avoir trafiqué des pierres précieuses en provenance de régions en guerre.

Marc Bonnant a ainsi créé quatre sociétés pour Mozes Victor Konig avec l'aide du cabinet Mossack Fonseca. Or ce citoyen belge fait partie depuis 1999 des personnes les plus recherchées par Interpol.

Marc Bonnant n’a pas souhaité répondre aux questions du Matin Dimanche. Il a indiqué que, «jamais par le passé, [son] activité d’intermédiaire financier n’a fait l’objet de la moindre critique ou réserve» lors des contrôles qu’il subit chaque année. «Et ne doutez pas, ajoute-t-il, que les avoirs de [ces] sociétés, à supposer que leurs ayants droit économiques soient mes clients, sont connus des autorités fiscales compétentes.»

L'avocat recourait à Bigland Entreprises, une boîte aux lettres établie à l’adresse du siège de Mossack Fonseca à Panama City qui permettait de garder secrète l'identité des bénéficiaires des sociétés qu'il dirigeait.

D'autres avocats genevois

Un autre avocat genevois, André Zolty, se retrouve également sur la sellette. Son nom est déjà apparu dans le cadre d'une fraude fiscale aux Etats-Unis en 2010. Le procureur américain en charge de l’affaire avait estimé à l'époque qu'André Zolty y avait joué un rôle central en créant et en gérant une série de sociétés-écrans en constante réorganisation.

André Zolty n’a pas souhaité non plus répondre aux questions, mais «conteste formellement avoir fait quoi que ce soit d’illégal ou d’avoir émis de faux documents».

Même Mossack Fonseca avait réalisé le danger que représentait ce client et ses services internes ont recommandé en mai 2015 de rompre... avant de changer d'avis quelques mois plus tard. Et pour cause, car André Zolty est l’un de ses plus importants clients en Suisse, avec près de 60'000 dollars de commissions par année. L'étude genevoise a ainsi créé plus de 900 entreprises offshore via Mossack Fonseca en vingt ans et plus de 200 sont encore actives.

Un ancien doyen de l'UniGE également cité

Parmi les autres noms genevois des «Panama Papers» émerge celui de Charles-André Junod, 85 ans, ancien doyen de la faculté de droit à l’Université de Genève. Son étude a créé 287 sociétés offshore avec l'aide de Mossack Fonseca, dont 83 étaient encore en place en 2015.

Une des ces entreprises a défrayé la chronique en 2014, lors d'une enquête du gendarme financier des îles Vierges britanniques. Le propriétaire en question n'était autre que Li Xiaolin, la fille de l’ancien premier ministre chinois Li Peng. Qui occupe toujours des positions importantes dans des entreprises énergétiques en mains de l’Etat chinois. Sa fortune est estimée à 550 millions de dollars.

Cette personnalité politiquement exposée, surnommée la Reine de l'énergie dans son pays, n'a pas fait l'objet d'un devoir de diligence accru. Charles-André Junod n’a pas souhaité s’exprimer mais a ajouté qu’il a «toujours respecté les dispositions légales et réglementaires applicables à [ses] activités», rapporte l'article du Matin Dimanche publié dans la Tribune de Genève et le 24 heures de jeudi.

Plus de cinquante autres études d’avocats et fiduciaires suisses sont clientes de Mossack Fonseca. Elles ont certes l’obligation d’annoncer des transactions illégales à la Confédération mais lorsqu'elles ne font que créer des sociétés offshore pour dissimuler l'identité de leurs clients, elles ne sont pas soumises à la loi sur le blanchiment d’argent et peuvent se prévaloir du secret professionnel. Pour autant que ces études n'aient aucune prise sur l’argent et que les comptes ne soient pas en Suisse. (nxp)

Créé: 06.04.2016, 09h48

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