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Première Des minichiens pour l'armée

Deux border terriers pourraient prochainement servir sous les drapeaux. Même s’ils n’ont pas vraiment l’esprit militaire.

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Une maison dont le plafond s’est effondré, au milieu d’un champ de ruines. «Wotan», un jeune border terrier, s’engouffre par un trou, escalade les gravats, puis disparaît. Quelques secondes plus tard des aboiements retentissent. Légers, tout d’abord, puis plus forts et joyeux. Il vient de retrouver l’adjudant David Huber, responsable de l’achat des chiens pour l’armée suisse. «Bravooo!» «Super!» «Tip Tooop», exulte alors celui-ci pour féliciter et encourager l’animal. Quelques instants, plus tard, c’est au tour de «Wanko» de répéter l’opération… avec un peu plus d’hésitations.

Nous sommes sur la base militaire de Wangen an der Aare, près de Soleure. Deux petits chiens – qui arrivent à peine aux coudes des bergers allemands ou des malinois, œuvrant généralement comme chiens d’assistance à l’armée – participent à un entraînement dans ce village en ruine, avec leur éleveur, Hansjörg von Allmen. L’objectif: les incorporer sous les drapeaux. Une première!

Mais que se passe-t-il? Pourquoi l’armée succombe-t-elle à son tour à la mode des minichiens? «Il s’agit d’un projet pilote, explique l’adjudant sous-officier Stefan Brotschi, instructeur technique domaine chien. Jusqu’à présent, nous achetions essentiellement des chiens déjà dressés à l’étranger. L’objectif est de favoriser la filière suisse, mais comme on ne trouve pas d’animaux déjà formés, ici, nous avons lancé un appel aux éleveurs intéressés à s’engager dans un programme de formation.»

Présélectionnés à 6 mois

C’est ainsi que «Wotan» et «Wanko», aujourd’hui âgé de 15 mois, se sont retrouvés dans cette aventure. Ils ont été présélectionnés à l’âge de 6 mois chez leur éleveur. Et depuis, ils s’entraînent dur pour devenir de parfaits chiens militaires, destinés à la recherche en décombres. «Nous les suivons régulièrement pour voir comment ils évoluent, explique l’adjudant David Hubert. A chaque rencontre, nous fixons des objectifs et donnons des conseils à leur éleveur.»

D’ici un mois, si tout va bien, les deux frangins devraient tenter de passer le test final, celui du recrutement. Et s’ils sont achetés par l’armée (les deux, ou l’un des deux), ils suivront quelques mois d’entraînement avec des formateurs professionnels, avant d’être confiés à une recrue, avec laquelle ils passeront le reste de leur vie. Mais ces deux «nains» de moins de 40 cm pour une douzaine de kilos, aussi joyeux qu’affectueux, ont-ils une chance d’en arriver là? «Pour le moment, il faut encore beaucoup les motiver, mais une fois qu’ils sont lancés, ils travaillent bien, assure l’adjudant Stefan Brotschi. Ils se comportent et évoluent de manière totalement différente des malinois ou des bergers allemands, avec qui il suffit d’appuyer sur un bouton pour que ça démarre. Pour nous, c’est une totale remise en question, mais c’est intéressant. Reste à savoir si on pourra obtenir, d’ici à la fin de leur formation, le résultat fixé, c’est-à-dire des chiens suffisamment tenaces et courageux pour franchir tous les obstacles, y compris désagréables et difficiles.»

A Wangen, l’adjudant David Huber se cache une dernière fois, au sommet d’un tas de décombres, après avoir stimulé les deux border terriers à le rechercher. «Ils sont étonnants, rien ne les excite vraiment, ni le jouet, ni la nourriture. Et quand ils me retrouvent, il n’y a pas non plus de fortes manifestations de joie. Tout leur paraît normal.»

Mais peuvent-ils amener quelque chose à l’armée, notamment par leur petite taille, en se faufilant, et se hissant plus facilement un peu partout? «Difficile de dire aujourd’hui, si cela sera ou non un avantage… On n’a pas d’expérience, vu qu’il s’agit d’un projet pilote.» A suivre, donc. En attendant, si ces deux toutous ne sont pas façonnés, a priori, pour être au garde-à-vous, ils ont une joie de vivre qui ne laisse personne indifférents. (Le Matin)

Créé: 13.10.2016, 14h07

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