Lundi 16 juillet 2018 | Dernière mise à jour 13:51

Vaud Des retraités bien débordés

Imaginé par quatre bénévoles, un atelier de réparation est submergé par les demandes. Ils invitent d’autres touche-à-tout à les imiter.

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L’homme se présente à la porte du petit local, son ordinateur cassé sous le bras. François le prévient d’entrée. «On a une liste d’attente d’une quarantaine d’appareils à réparer, on ne va pas pouvoir s’en occuper avant plusieurs semaines», explique-t-il. Le retraité tente de ne pas prêter garde aux récriminations du déçu qui tourne les talons. La scène est désormais amenée à se répéter à l’atelier «On répare tout», de La Sarraz (VD). Depuis cette semaine, les quatre retraités vaudois à l’origine de l’initiative ont décidé d’instaurer une liste d’attente. Une obligation, à les écouter raconter leur aventure. «Dès l’inauguration de l’association en octobre dernier, on a été submergés par la demande, elle est deux à trois fois plus importante que ce qu’on arrive à gérer. On ne s’attendait vraiment pas au tsunami qui nous est tombé dessus», détaille Cyril.

À la recherche de volontaires

Conséquence: ces bénévoles, qui pensaient s’occuper à 50% pour avoir le temps de profiter de leur retraite, et de répéter avec le groupe de rock dont deux d’entre eux font partie, travaillent désormais à 100%, parfois même le samedi! «Pour tout vous dire, moi j’imaginais que j’allais jouer de la guitare toute la journée et que, de temps en temps, quelqu’un viendrait avec un truc à réparer», continue Cyril. Un rêve bien loin de la réalité. En quatre mois, plus de 160 appareils, allant de l’aspirateur au juke-box en passant par l’ordinateur et la machine à café sont passés entre leurs mains. «On a pu réparer 90 à 95% d’entre eux. Aujourd’hui, les gens jettent des choses alors qu’il suffit parfois de resserrer une vis pour qu’elles refonctionnent», assure François, soulignant les motivations écologiques de leur initiative. Et cela pour des sommes allant de zéro à quelques dizaines de francs.

Malgré toute leur bonne volonté, les quatre touche-à-tout se retrouvent désormais dans une impasse. Posée dans un coin du local, la machine à café du quatuor est le symbole de la situation. «Elle est en panne depuis plusieurs semaines, on n’a pas le temps de la réparer», sourit Pascal. François enchaîne. «Il faut que ce soit clair, on ne cherche surtout pas du travail supplémentaire. On cherche de l’aide.» Ils aimeraient donc voir d’autres volontaires les rejoindre à La Sarraz, ou lancer leur propre atelier ailleurs en Suisse romande. «On lance un appel à tous les adeptes du bricolage. La demande est énorme, des gens sont venus nous trouver de Genève ou Fribourg», assurent-ils.

Assis autour de leur table en bois entourée des différents appareils en cours de traitement, les trois amis présents, Guy manquant à l’appel ce jour, multiplient les anecdotes sur les différentes réparations. «Certaines sont très simples, mais la technologie autour de nous est telle que quelqu’un de normal ne peut souvent pas s’en sortir seul», reconnaît Pascal. Pour autant, les trois retraités sont unanimes pour souligner une évolution des consciences chez les Romands. «Les gens en ont marre d’acheter un truc qui casse au bout de deux ans. Ils veulent réparer mais il n’y a pas l’infrastructure pour.» Afin de s’en sortir, les retraités ont donc décidé de serrer la vis.

«À nous d’établir des règles claires. Celui qui est pressé, il ira ailleurs et il payera», pose François. En 2018, ils espèrent donc pouvoir réduire leur temps de travail et atteindre enfin ces fameux 50% qui permettront à Cyril de reprendre sa guitare.

«On répare tout… mais pas tout de suite.» (Le Matin)

Créé: 14.02.2018, 12h50


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