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immigration de masse Des solutions contre les erreurs de calculs de l’analyse VOX

Des politologues doutent de l'importante abstention des jeunes aux votations du 9 février. Claude Longchamp reconnaît une possible incertitude des valeurs.

Beaucoup de jeunes se sont-ils abstenus aux votations du 9 février? Des politologues en doutent

Beaucoup de jeunes se sont-ils abstenus aux votations du 9 février? Des politologues en doutent Image: Keystone

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Seuls 17% des citoyens suisses de moins de 30 ans ont participé au scrutin du 9 février, affirmait l'analyse VOX, publiée le 3 avril. Médias et politiciens se sont emparés du sujet ces derniers jours.

>>> Retrouvez ici notre dossier sur les votations du 9 février 2014

Plusieurs politologues ont démontré que le nombre ressorti de l'enquête est beaucoup trop bas. Marco Steenbergen et Kushtrim Veseli de l'université de Zurich, dans la «NZZ am Sonntag», ainsi que Pascal Sciarini de l'université de Genève, dans «Le Temps» et la «Berner Zeitung», estiment que davantage de jeunes ont voté.

Adaptation du système de mesure

Si Claude Longchamp, l'auteur de l'étude propose une adaptation du système de mesure, la présidente de la commission compétente du National plaide pour relever l'âge et le sexe des votants dans tous les cantons.

La participation devrait être calculée différemment dans les prochaines analyses VOX. Les experts devraient moins pondérer les résultats des «personnes de moins de 30 ans» vers le bas, propose Pascal Sciarini, auteur principal de l'analyse du dernier scrutin pour le compte de l'institut gfs.bern dirigé par Claude Longchamp.

«Car, c'est en tout cas mon hypothèse, les jeunes disent davantage la vérité. Ils avouent plus fréquemment ne pas avoir voté», déclare lundi à l'ats le professeur de sciences politiques à l'Université de Genève.

Les personnes âgées «mentent» plus

Les personnes plus âgées, en revanche, «se sentent moins à l'aise» avec le fait de ne pas avoir glissé leur bulletin dans l'urne. Elles le reconnaissent moins volontiers et tendent davantage à «mentir», poursuit-il.

«Il s'agirait donc d'introduire une pondération différenciée selon les classes d'âge, à la place du système linéaire actuel», propose M. Sciarini. «L'instrument de mesure pourrait être modifié à l'aide des données sur les votants des cantons de Genève ou St-Gall», ajoute Kushtrim Veseli, professeur assistant au département de sciences politiques de l'Université de Zurich.

Fédéralisme

Ces informations réelles permettraient d'estimer la marge d'erreur entre les réponses des personnes interrogées et la réalité. Or elles ne sont disponibles que dans certains cantons. Car, fédéralisme oblige, chacun les saisit comme il l'entend.

La solution pourrait donc venir d'une harmonisation de la pratique dans toute la Suisse. «Chaque personne indiquerait sur son bulletin de vote son âge et son sexe», avance la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD), présidente de la Commission des institutions politiques du Conseil national.

«Le modèle genevois fonctionne de façon similaire», poursuit-elle. «Les votants remplissent une carte de vote sur laquelle ils indiquent leur date de naissance», complète Pascal Sciarini.

Problèmes d'anonymat

«Mais l'anonymat doit demeurer garanti», avertit Mme Amarelle. Ce qui constitue un défi et un enjeu. «Car, dans certains petits villages», les employés communaux pourront immédiatement «savoir qui a voté quoi, sur la base des indications d'âge.»

D'un avis similaire, la conseillère nationale Aline Trede (Verts/BE) annonce vouloir déposer une motion lors de la session extraordinaire de la Chambre du peuple en mai. «L'idée est de modifier la loi sur les droits politiques afin d'établir un registre national, géré par l'Office fédéral de la statistique (OFS).»

A Berne de payer

Relever ces données entraînerait toutefois une surcharge de travail et donc des coûts importants, avertit le président de l'Association des communes suisses Hannes Germann. «Si la Confédération veut une telle statistique, je n'ai rien contre. Mais elle devra en assumer les frais», assène le conseiller aux Etats (UDC/SH).

L'OFS soulève également le problème des coûts supplémentaires, indique Madeleine Schneider, responsable de la section politique. Un avis que partage Jean-Michel Cina (PDC/VS), président de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC).

«La Confédération pourrait offrir un soutien financier. Mais pas supporter l'ensemble de la facture», rétorque Aline Trede.

La SSR s'inquiète moins.

Quoi qu'il en soit, il faut agir, estime Cesla Amarelle, «au vu de l'importance de l'analyse VOX et des graves erreurs constatées.» La Commission des institutions politiques du National pourrait aborder le sujet «lors de sa prochaine réunion en mai, dans le registre des 'divers', car le thème ne figure pas à l'ordre du jour.»

La SSR s'inquiète moins. Elle se dit «satisfaite des sondages réalisés par gfs.bern à l«occasion des votations», déclare son porte-parole Daniel Steiner. Ce dernier précise toutefois que la SSR n'est pas concernée par la controverse entourant l'analyse VOX, puisqu'elle ne confie que ses sondages d'avant votations à l'institut gfs.bern. (ats/nxp)

Créé: 14.04.2014, 19h01

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