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Berne Égalité: «Sans quota, il n'y aura pas de changements»

Peu de femmes occupent des postes de cadres à l'hôpital de l'Ile à Berne. Des politiciennes demandent un changement de loi afin d'introduire un quota d'employée féminines dans ces positions.

Image: Keystone

Virée après une grossesse, elle obtient gain de cause

La médecin-anesthésiste Natalie Urwyler s'est battue en justice parce qu'elle a estimé avoir été licenciée à tort. En novembre 2017, elle a obtenu gain de cause. L'Hôpital de l'Ile à Berne a non seulement dû lui verser plusieurs salaires rétroactivement, ainsi qu'un dédommagement de 110'000 francs. L'établissement a également dû la réengager.

Natalie Urwyler avait refusé de reprendre directement le travail à 100% après son congé maternité. Elle avait alors déposé une plainte auprès de l'autorité de surveillance de l'Uni de Berne, accusant de discrimination le directeur de l'hôpital. Peu de temps après, elle avait été licenciée. Le motif invoqué: une relation de confiance brisée. Dans son verdict, la Cour a estimé que le manque de confiance n'était pas suffisant pour la licencier. De nombreux incidents, cités par l'Hôpital de l'Ile, remontaient à plus de deux ans, d'autres n'ont pas pu être confirmés par des témoins.

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En novembre 2017, l'hôpital de l'Ile de Berne a dû essuyer une grosse défaite. Une médecin-anesthésiste avait saisi la justice, estimant s'être fait licencier à tort (lire encadré). Le Tribunal régional de Berne-Mittelland lui avait donné raison en reconnaissant que son employeur avait violé la Loi sur l'égalité. Cette décision avait par la suite aussi été confirmée par le tribunal cantonal, rappelle ce lundi 20 Minuten.

Et selon le journal alémanique, l'hôpital continue à être mis sous pression. Car selon un rapport du Service de l’égalité entre hommes et femmes de l’Université de Berne, pas encore publié mais que la SonntagsZeitung a pu se procurer, l'égalité des sexes ne serait de loin pas encore atteinte au sein de la faculté de médecine. L'analyse démontrerait que c'est avant tout le personnel académique féminin, travaillant au sommet de la hiérarchie, qui est victime de discrimination. Les hommes se verraient ainsi attribuer des tâches à plus haute responsabilité que les femmes. On leur accorderait par ailleurs davantage de confiance et on leur témoignerait davantage d'estime.

«Sans quota, pas de changements!»

Des politiciennes de gauche souhaitent désormais combattre cette inégalité. «Comme le Conseil-exécutif et la direction de l'hôpital ne semblent pas vouloir se responsabiliser, il faut modifier la loi sur les soins hospitaliers», exige la membre du Grand Conseil bernois, Natalie Imboden (Verts), interrogée par le dominical. Elle souhaite introduire dans les hôpitaux répertoriés un quota de femmes pour les positions de cadres, correspondant à la proportion des femmes travaillant dans la profession. Sa collègue Ursula Marti (PS) la soutient et prévoit de déposer une motion durant la session de novembre: «Sans quota, il n'y aura pas de changements.»

Actuellement, le taux de femmes occupant des positions de cadres supérieurs à l'hôpital de l'Ile s'éleve à 16% (à partir de médecins adjoints). Si l'on prend en considération tous les cadres, le taux s'élève à 41%. (Le Matin)

Créé: 30.10.2018, 08h44

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