Samedi 23 septembre 2017 | Dernière mise à jour 05:51

Prévention Elle préconise un «vaccin» contre les mariages forcés

La députée genevoise Anne Marie von Arx-Vernon lance un cri d’alarme. Avant les vacances d’été, «c’est la période de tous les dangers».

Anne Marie von Arx-Vernon (PDC/GE) lance, à l’approche des vacances d'été, une campagne de prévention contre les mariages forcés.

Anne Marie von Arx-Vernon (PDC/GE) lance, à l’approche des vacances d'été, une campagne de prévention contre les mariages forcés. Image: Yvan Genevay

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La députée Anne Marie von Arx-Vernon n’est pas tranquille. Elle sait qu’en cette période, peu avant l’été, des parents manigancent le mariage de leur fille depuis la Suisse afin que la noce puisse avoir lieu en été au pays d’origine de la famille. «C’est la période de tous les dangers. Des centaines de jeunes filles sont concernées», estime celle qui est aussi ancienne directrice adjointe du foyer Au Cœur des Grottes qui accueille des femmes victimes de violences en tout genre.

Des monnaies d’échange

Pour un terrain, de l’argent, des bijoux, un permis d’établissement, des parents scellent l’avenir de leurs enfants par un mariage non consenti, puni par la loi suisse depuis 2013. «Les jeunes sont considérés comme des monnaies d’échange, des marchandises. Que l’on ne vienne pas me dire qu’il s’agit d’une pratique culturelle. C’est une pratique criminelle, un point c’est tout», s’agace la députée. Depuis des années, elle doit répéter, relancer: «Comme le vaccin du BCG que l’on faisait à l’école chaque année à la même période, il faudrait faire une piqûre de rappel: un vaccin contre les mariages forcés tous les printemps.»

S’il n’existe pas de chiffres officiels, une étude parue en 2006 estimait que le nombre de victimes s’élevait à 17 000 dans notre pays. Des jeunes filles de 16 à 25 ans, originaires pour la plupart des Balkans, du Maghreb, de Turquie, d’Afghanistan mais aussi de Roumanie, de Macédoine, du Liban ou du Sri Lanka. Souvent, elles sont nées ici, sont devenues Suisses ou titulaires d’un permis C. «Elles ne veulent pas vivre comme leurs mères ou leurs grands-mères», constate Anne Marie von Arx-Vernon qui pointe du doigt les crimes d’honneur si la future mariée n’obéit pas, ajoutant que «les garçons peuvent aussi être concernés».

Écoles, associations et clubs sportifs ont un grand rôle d’information à jouer. Le Département de l’instruction publique (DIP) va bientôt envoyer un message aux directeurs du secondaire II (le postobligatoire) et des cycles d’orientation pour sensibiliser professeurs et élèves. «Les conseillers sociaux ont un rôle-clé dans le dispositif, indique Francine Novel, directrice du Service ELEEV (Élèves-Enseignement-Évaluation), c’est peut-être une lapalissade, mais il faut rappeler que la loi interdit le mariage forcé.»

Brochures informatives

En collaboration avec le Bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes et de prévention des violences domestiques, des brochures seront distribuées aux élèves. Bashkim Iseni, politologue, directeur de la plate-forme d’informations Albinfo.ch, approuve la démarche informative «du moment que l’on peut sauver des jeunes filles ou des jeunes garçons. Il est clair que les mariages forcés sont inacceptables. Le phénomène existe, il ne faut pas le nier. Il faut en parler. Le mariage est un choix individuel et les deuxièmes générations sont souvent incomprises.» Mais Bashkim Iseni avertit aussi: «Il ne faut pas non plus confondre les mariages forcés et les mariages arrangés, qui ont lieu même en Suisse pour des raisons purement pragmatiques.» (Le Matin)

Créé: 06.06.2017, 06h46


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