Mercredi 16 janvier 2019 | Dernière mise à jour 15:56

initiative Elles tricotent pour les manchots

Des Romandes ont réalisé des gilets en laine pour sauver des oiseaux marins touchés par les marées noires.

Stéphanie Carrozzo (à g.) et Laureline Henchoz (au centre)ont été assistées par Hélène Joly et Nora Melet (pas sur la photo) pour confectionner de mignons petits pulls.

Stéphanie Carrozzo (à g.) et Laureline Henchoz (au centre)ont été assistées par Hélène Joly et Nora Melet (pas sur la photo) pour confectionner de mignons petits pulls. Image: Laurent de Senarclens DR

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 «Cherchons tricoteurs prêts à confectionner des pulls pour les manchots.» L’appel, lancé par la Phillip Island Penguin Foundation, en Australie, ne pouvait pas laisser Stéphanie Carrozzo et Laureline Henchoz indifférentes. Les deux Lausannoises, passionnées d’aiguilles, ont organisé jeudi soir un atelier afin de confectionner des petits gilets. «C’est mignon, un manchot, résume Stéphanie Carrozzo, cheffe de projet dans une agence de promotion. C’est mal fait qu’ils soient ainsi victimes de la marée noire.»

S’il peut apparaître saugrenu d’habiller des manchots avec des pulls, l’initiative est absolument sérieuse. Ces tricots en laine permettent de sauver la vie des animaux touchés par des marées noires. «Un manchot atteint par une tache de pétrole de la taille de l’ongle du pouce peut mourir», raconte Peter Dann, codirecteur de la fondation australienne. Il explique que cette matière toxique agit sur les plumes de l’animal, qui ne constituent plus une barrière imperméable: «C’est comme si votre combinaison de plongée était trouée.» Impossible pour le manchot de se déplacer et de chasser. Et l’animal finit par périr de froid, de faim ou d’intoxication.

Afin d’éliminer ce pétrole, les oiseaux doivent prendre un bain dans un dispositif spécial, mais, en attendant leur tour, les spécialistes ont découvert que le fait de faire porter un pull aux animaux fonctionnait bien. «Cela permet d’éviter qu’ils aient froid ou lissent leurs plumes et fassent ainsi entrer la matière dans leur organisme», explique Peter Dann. Une technique décriée par certains zoologistes, mais qui a fait ses preuves en Australie. «Nous avions un taux de survie de 50% il y a trente ans, aujourd’hui, nous sommes au-delà des 95%», explique le codirecteur.

Ces arguments chocs ont incité des centaines de tricoteurs dans le monde entier à s’emparer de leurs aiguilles pour reproduire le patron disponible sur le site Internet de la fondation (médaillon). Stéphanie Carrozzo et Laureline Henchoz en ont fait de même, dans le cadre d’un café tricot où elles avaient convié des connaissances via leur groupe Facebook «Lausanne tricote». Des événements qui ont lieu une à deux fois par mois depuis l’automne dernier. «J’ai découvert le tricot il y a une année avec un cours», raconte Stéphanie Car­rozzo, 27 ans.

Laureline Henchoz, 28 ans, a pour sa part appris à tricoter à l’école, et s’y est remise il y a quatre ou cinq ans grâce à des vidéos sur Internet. Et, si cette passion peut servir une bonne cause, les deux jeunes femmes sont ravies. «C’est chouette de se dire qu’on peut aider des animaux à l’autre bout du monde, juste avec du tricot, résume Laureline Henchoz. On peut combiner plaisir et bonne action.» (Le Matin)

Créé: 12.04.2014, 14h45

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