Samedi 11 juillet 2020 | Dernière mise à jour 17:40

Aviation Fake news: le Conseil fédéral pris la main dans le sac

Au sujet des crédits COVID pour l'aviation, le Conseil fédéral avait déclaré que 70 % des entreprises suisses dépendaient du fret aérien. Le DETEC admet que c'était «incorrect».

La conseillère nationale Isabelle Pasquier (Verts/GE) estime que les chiffres de l'Administration fédérale doivent être fiables, et non pas gonflés ou orientés.

La conseillère nationale Isabelle Pasquier (Verts/GE) estime que les chiffres de l'Administration fédérale doivent être fiables, et non pas gonflés ou orientés. Image: Gaetan Bally/Keystone

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Au mois d'avril, dans son message concernant la modification urgente de la loi sur l'aviation à cause de la pandémie, le Conseil fédéral justifiait l'aide à ce secteur parce que le fret aérien était indispensable à «70% des entreprises suisses». Surprise par l'ampleur de cette proportion, la conseillère nationale Isabelle Pasquier (Verts/GE) a déposé au début mai une interpellation pour savoir d'où provenait ce chiffre.

Réponse en septembre ?

Dans le même temps, une journaliste a posé la question auprès de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), qui a refusé de lui répondre. Isabelle Pasquier, à qui le Conseil fédéral devrait répondre au mois de septembre, estime c'est «un délai un peu abusif» pour obtenir une réponse simple. Elle a donc interpellé lundi le Département de Simonetta Sommaruga à l'Heure des questions.

De loin pas toutes les entreprises

Il valait la peine d'insister, car la réponse a la forme d'un aveu: «Il est exact, répond le DETEC, que le message concernant la modification urgente de la loi sur l'aviation pour cause de pandémie COVID-19 indique que «pour quelque 70% des entreprises suisses, le frêt aérien est indispensable». Ce chiffre ne se rapporte pas à l'ensemble des entreprises suisses, mais aux chargeurs et entreprises actives dans la logistique interrogée. Sans cette précision, cette donnée est incorrecte et doit être relativisée. Le chiffre est tiré d'une étude de l'Université de saint-Gall datant de 2010.»

«Si on doit vérifier à chaque fois, cela ne va pas»

Isabelle Pasquier apprécie l'honnêteté finalement de cette réponse, mais elle s'interroge sur la manière: «Comme je suis une nouvelle parlementaire, cela me pose problème si l'on doit passer du temps à contrôler les chiffres de l'Administration fédérale. On dépend beaucoup d'elle et si on doit vérifier à chaque fois, cela ne va pas.»

Une volonté de gonfler les chiffres

En annonçant son plan d'aide à l'aviation, le Conseil fédéral avait aussi précisé «qu'un tiers des exportations et un sixième des importations sont transportés par avion». A nouveau, cela paraissait énorme: «En réalité, il voulait parler de valeurs, mais pas de quantités, sinon cela représente 1% au plus». Enfin, pour l'emploi, le Conseil fédéral a parlé de 190 000 places de travail liées à l'aviation: «Alors que dans le rapport sur l'aviation en Suisse de 2016, on trouve le chiffre de 50 000. On ressent une volonté de gonfler les chiffres... En tant que parlementaires, nous voulons des informations fiables, pas des chiffres de lobbyistes», conclut la Genevoise.

Eric Felley

Créé: 09.06.2020, 08h56

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