Lundi 18 décembre 2017 | Dernière mise à jour 19:04

Assurances Il faut rembourser les soins dentaires!

Deux cantons romands vont lancer des initiatives sur le remboursement des soins dentaires.

Les initiants veulent aider les personnes à faible revenu.
Mais les dentistes, les premiers, ne sont pas chauds pour une assurance obligatoire.

Les initiants veulent aider les personnes à faible revenu. Mais les dentistes, les premiers, ne sont pas chauds pour une assurance obligatoire. Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

Les soins dentaires doivent-ils être remboursés?

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Molaire cassée en mastiquant, grosse carie, infection sournoise dans la gencive: qui n’a jamais connu de soucis dentaires? Et à la douleur dans la bouche s’ajoute celle de la facture. D’après l’Office fédéral de la statistique, les assurances privées n’ont remboursé que 4,6% des frais dentaires en 2010, la LAMal 1,4%, et les prestations complémentaires 2,2%. Le reste est donc assumé par les ménages.

Mais tout cela pourrait changer. Après la gauche vaudoise, qui récolte des paraphes pour une initiative «Pour le remboursement des soins dentaires», c’est au tour du PS du Valais romand, dont les militants ont voté samedi en congrès le lancement d’un texte similaire.

«Nous nous sommes clairement inspirés de ce qui se fait dans le canton de Vaud, reconnaît Gaël Bourgeois, président du PS Vr. Nous étions à la recherche d’un projet qui concernerait un maximum de personnes. Les chiffres présentés par le texte vaudois, notamment ceux publiés en 2009 par la Revue médicale suisse sur l’impact du statut social sur la santé bucco-dentaire, nous ont convaincus qu’il fallait se saisir du problème. Dans les foyers où l’on peine à boucler les fins de mois, les contrôles annuels chez le dentiste sont la chose qui saute en premier.»

Si le texte valaisan sera encore affiné d’ici au lancement des signatures, il suivra la proposition de l’initiative vaudoise sur la question du financement. Suivant le modèle de l’AVS, le texte propose une assurance étatique qui serait financée par l’employeur et l’employé à hauteur de 0,47 à 0,65% du salaire.

Mais l’idée a déjà ses détracteurs. Du côté de la Société suisse des médecins-dentistes (SSO), on se déclare opposé à toute assurance obligatoire des soins dentaires. «La plupart des maladies de la dentition peuvent être évitées, commente Marco Tackenberg, responsable de la communication de la SSO. Une assurance obligatoire des soins dentaires est à l’encontre de la responsabilité propre du patient. La SSO est bien consciente de l’incidence du statut socio-économique sur les problèmes dentaires. Ainsi nous nous engageons depuis des décennies en faveur des soins dentaires scolaires, mais également dans les homes, établissements de détention et autres institutions. Mais une assurance des soins dentaires imposée par l’Etat ne ferait que provoquer l’inflation de la bureaucratie et aurait des effets indésirables, tels que ceux que l’on les constate déjà dans d’autres pays européens.»

Du côté des initiants, l’argument de la responsabilité individuelle du patient ne tient pas. «C’est une assurance sociale, qui fonctionne sur le principe de la solidarité, commente Gaël Bourgeois. Sinon remettons aussi en question le remboursement des frais de santé des gens qui s’alimentent mal.» (Le Matin)

Créé: 13.05.2014, 07h27

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