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land art Il sème l'émerveillement

Quelque 150 cairns magnifient depuis deux semaines la plage de Lutry (VD). Deux passionnés les ont érigés là en 7 jours. L’un d’eux nous explique la démarche.

Vidéo: Laura Juliano

Oeuvre d'art ou gêne-baigneurs?

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Il y a quinze jours, Valentino Pratali, 19 ans, et Daniel Dunkel, 50 ans, ont consacré toute une semaine à empiler des cailloux sur la grève de Lutry (VD). «Ça sert à quoi?» demandent quelques esprits chagrins. Leur réponse, même s’ils ne la donnent pas à haute voix, est évidemment: «A rien!» Mais la véritable serait plutôt du genre: «A semer un peu de joie et d’émerveillement à tout vent.»

A notre arrivée sur place hier, nous l’avons compris d’entrée en voyant une gamine ajouter maladroitement ses pierres à l’improbable édifice, sous le regard émerveillé de sa maman. Quinze minutes plus tard, un retraité lettré s’enthousiasmait de la «verticalité apaisante de ces éphémères constructions». Puis ce fut au tour de deux ouvriers en tenue de chantier et aux accents d’ailleurs de longuement s’extasier à coups de «C’est beau!» Et une mamy de supputer pour sa part qu’il y avait probablement quelques tubes de colle là-dessous…

Etrange addiction minérale

«Eh bien non!» nous a révélé Daniel Dunkel, l’un des deux «coupables» (voir la vidéo sur lematin.ch). Pour trouver son chemin, ce Lausannois électronicien de formation donne dans le land art tendance cairns depuis 2002. «J’ai eu un flash en découvrant des cairns à la vallée de Joux et depuis c’est l’addiction!» explique-t-il. Ces temps-ci, l’homme consacre 3 à 4 h par jour à «arroser son jardin minéral» à l’équilibre instable. «C’est une sorte de thérapie qui me permet de vivre pleinement l’instant. Ça me rend zen et content de moi. Par contre, les quitter est à chaque fois un arrachement», explique-t-il.

Un soir, de sales gamins ont tenté de shooter dans le tas. Ils ont été illico rappelés à l’ordre par les badauds. On ne touche pas impunément à la beauté commune. Même le syndic local Jacques-André Conne voit d’un bon œil ces œuvres qui envahissent, mais embellissent sa plage. «Et puis quand le vent se lèvera et que le lac aura retrouvé son niveau, tout ça s’effondrera», rappelle, zen, l’édile.

Créé: 12.04.2014, 08h52

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