Lundi 10 décembre 2018 | Dernière mise à jour 11:25

Suisse Il veut des panneaux en patois

Le conseiller national Mathias Reynard pousse à la reconnaissance du franco-provençal. Pour lui, on devrait mettre le nom des communes en français et en patois. Un peu comme en Corse…

Des panneaux de signalisation des communes écrits en français et en patois? Le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS) lance cette idée provocante.

Des panneaux de signalisation des communes écrits en français et en patois? Le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS) lance cette idée provocante. Image: Keystone

En patois d'Evolène, voilà ce que ça donne

Evolène > Olèïnna
Sierre > Chîrro
Martigny > Martùnyè
Monthey > Mountéiss
Vevey > Vùvéik
Lausanne > Lózàne
Genève > Zènèva
Valais > Valéik

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Au-dessous de Sion, capitale du Valais («Valéik»), il serait inscrit «Chyoùn»! C’est tout le sel de sa question posée lundi au chef du Département de l’intérieur, Alain Berset: quelle reconnaissance en Suisse pour le franco-provençal, autrement dit le patois?

La Suisse a ratifié en 1997 la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. On y trouve le yenish ou le yiddish, mais nulle trace du franco-provençal que se partageaient naguère la France, la Suisse romande et le Val d’Aoste.

Statut traité en 2015

Alain Berset a promis que le statut du franco-provençal sera traité en 2015 dans le cadre d’un nouveau rapport sur la charte. «Cette réponse rassure les amis du patois, commente le Valaisan. Les scientifiques l’étudient comme une langue, il ne manque plus qu’un soutien politique.» En cas de reconnaissance, des moyens seraient disponibles pour mettre en valeur ce patrimoine linguistique, subventionner des cours, des traductions ou des manuels.

Mais tout ça pour qui? Combien de gens parlent aujourd’hui le patois en Valais? Lors du recensement effectué en l’an 2000, 6202 personnes avaient indiqué le patois comme l’une de leurs langues parlées. Les foyers restent autour de Nendaz, Savièse, Bagnes et surtout Evolène, où le patois s’est maintenu de façon ininterrompue. En 2011, la commune a réintroduit un cours facultatif de patois à l’école primaire avec une soixantaine d’élèves.

Raphaël Maître, coordinateur de projet au Centre de dialectologie de l’Uni de Neuchâtel, a beaucoup travaillé sur le patois valaisan. Pour lui, le franco-provençal a le même statut que le romanche en Suisse, sauf que, historiquement, il a été abandonné. S’il était compris dans la charte des langues régionales et minoritaires, la Suisse s’engagerait à prendre des mesures: «Il existe un catalogue de 90 mesures, parmi elles figurent la visibilité de la langue dans l’espace public.» Et c’est là que la signalisation routière pourrait être adaptée. Mais il faudrait alors modifier l’ordonnance ad hoc. Actuellement, il faut qu’un tiers de la population parle une seconde langue pour qu’une signalisation bilingue soit mise en place dans une commune.

Le chef du Département valaisan de la formation et de la sécurité, Oskar Freysinger, n’est pas contre: «Oui, si on veut développer encore plus la parenté spirituelle avec la Corse! Mais l’on serait plus civilisé, on ne tracerait pas le nom français… Sur le fond, pourquoi pas? Mais seulement là où le patois est réellement pratiqué. Il doit y avoir une dizaine de communes qui ont cette particularité vivante. Cela mettrait en valeur l’aspect terroir de ces communes.» (Le Matin)

Créé: 24.09.2014, 12h41

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