Samedi 4 juillet 2020 | Dernière mise à jour 20:10

Berne Il veut mettre les abattoirs sous vidéosurveillance

Après plusieurs scandales dans les abattoirs, le socialiste zurichois Daniel Jositsch propose d'utiliser la vidéo comme moyen de contrôle.

Le conseiller aux Etats Daniel Jositsch (PS/ZH) estime que la présence de vidéosurveillance dans les abattoirs (ici à Martigny en 2019) obligerait les collaborateurs à agir avec plus de respect envers les animaux.

Le conseiller aux Etats Daniel Jositsch (PS/ZH) estime que la présence de vidéosurveillance dans les abattoirs (ici à Martigny en 2019) obligerait les collaborateurs à agir avec plus de respect envers les animaux. Image: PEA/Keystone

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Ces dernières années, des vidéos sorties secrètement des lieux d'abattage ont été diffusées en Suisse, notamment par l'association Pour l'égalité animale (PEA). A chaque fois, des images insoutenables d'animaux maltraités ont créé une vive polémique. Les abattoirs d'Avenches en 2017, de Moudon en 2018 ou de Martigny en 2019 ont été la cible de ces milieux antispécistes.

L'étourdissement et la saignée

Pour le conseiller aux Etats Daniel Jositsch (PS/ZH), ces vidéos «ont mis au jour des atteintes flagrantes et répétées à la protection des animaux.» Il estime ainsi que le contrôle actuel ne donne pas assez de garanties: «Selon la législation, constate-t-il, l'exploitant de l'abattoir désigne un responsable chargé de s'assurer du bon déroulement de l'étourdissement et de la saignée. Cet autocontrôle est documenté et fait ensuite l'objet d'un contrôle par sondage réalisé par les vétérinaires officiels. L'inspection de 67 établissements effectuée par l'unité fédérale pour la chaîne alimentaire entre janvier 2018 et mars 2019 a montré que le contrôle de l'étourdissement et de la saignée n'était pas effectué - ou ne l'était pas correctement - dans de nombreux abattoirs, surtout dans les petites exploitations.»

Un contrôle par sondage

Ainsi, plutôt que des vidéos clandestines, le socialiste zurichois propose qu'elles soient faites par une autorité indépendante: «Cette situation appelle la mise en place d'une vidéosurveillance dans certains espaces des abattoirs, notamment dans ceux où les animaux sont étourdis et saignés. Ces vidéos constitueraient une source d'information fiable et objective pour les vétérinaires officiels. Elles pourraient faire l'objet d'un contrôle par sondage.»

Rétablir une situation conforme

La proposition de Daniel Jositsch sera traitée mercredi à Berne. Dans sa réponse, le Conseil fédéral admet que «les exigences légales ne sont pas toujours respectées lors de l'étourdissement et de la saignée des animaux». A la suite de l'inspection précitée, il précise que «l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) est intervenu sans tarder pour améliorer la protection des animaux lors de l'abattage. Il a notamment demandé aux autorités d'exécution cantonales de prendre des mesures immédiates afin de rétablir une situation conforme à la protection des animaux dans les abattoirs concernés»

Une mesure «disproportionnée»

Le Conseil fédéral reconnaît que la vidéosurveillance est un instrument «qui peut être envisagé si les droits de la personnalité des employés sont respectés». Mais une généralisation du procédé lui semble «disproportionnée». Selon lui, la protection des animaux passe avant tout par la formation du personnel, l'optimisation des processus et l'amélioration de l'autocontrôle.

Eric Felley

Créé: 03.06.2020, 06h41

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