Jeudi 17 janvier 2019 | Dernière mise à jour 12:32

Genève L'ex-comptable des HUG et un avocat jugés

Le procès de l'ancien chef de la comptabilité des Hôpitaux universitaires de Genève et d'un avocat s'est ouvert ce lundi.

Une escroquerie que le Parquet estime à 22 millions de francs.

Une escroquerie que le Parquet estime à 22 millions de francs.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un procès singulier s'est ouvert lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève.

L'ancien chef du service des comptabilités des HUG est poursuivi pour avoir causé un préjudice de 22 millions de francs à son ex-employeur. Un avocat est aussi sur le banc des accusés.

Le chef comptable, 62 ans, avait sollicité l'avocat, 61 ans, pour s'occuper du recouvrement des factures impayées des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). De 2007 à 2015, l'avocat a perçu pour ce travail un peu plus de 50 millions de francs d'honoraires, alors que seulement 20 millions figuraient dans les comptes.

Le Ministère public reproche au prévenu d'avoir masqué le coût réel du recouvrement en comptabilisant à ce poste des recettes qui n'auraient jamais dû l'être. Il accuse aussi le comptable d'avoir surfacturé les prestations fournies par l'avocat, lui versant notamment 42 francs par sommation, et rémunéré du travail fictif.

Camarades d'études

Les deux prévenus, des amis anciens camarades d'études, contestent les charges qui pèsent sur eux et plaident leur acquittement. «Je vis cette procédure comme une injustice complète», a déclaré devant le tribunal l'ancien chef comptable des HUG. «J'ai toujours fait mon travail en mon âme et conscience», a-t-il ajouté.

L'ex-chef comptable a notamment affirmé que le recours à son ami avocat aura au final coûté moins cher aux HUG que d'utiliser les services d'une société de recouvrement. Il a aussi expliqué que les manoeuvres comptables qui lui sont reprochées relevaient de pratiques anciennes qui n'avaient jamais été contestées.

L'expert mandaté par la justice dans cette affaire relève que les procédés qui ont été utilisés pour diminuer les coûts du recouvrement n'étaient pas autorisés, lui a répondu la présidente du tribunal Alexandra Banna. La magistrate a longuement interrogé l'ancien cadre des HUG sur le système de facturation qu'il utilisait.

Un bon rendement

«Vous ne vous êtes jamais inquiété du montant des honoraires de l'avocat?», lui a-t-elle demandé. Non, a précisé l'accusé, car «nous encaissions quatre à cinq fois le coût du recouvrement». La performance était bonne par rapport au marché, a-t-il encore fait remarquer.

La présidente du tribunal s'est aussi demandé pourquoi aucune trace écrite n'existait concernant le forfait de 42 francs par sommation effectuée par l'avocat. Le prévenu, face à ce constat, s'est un peu emmêlé dans ses explications, estimant que seul comptait la rentabilité de l'activité.

Le système mis en place aux HUG pour le recouvrement des factures impayées avait été dénoncé par la Cour des comptes qui avait porté le cas devant la justice. Sans cette intervention, souligne le premier procureur Stéphane Grodecki dans son acte d'accusation, les actions des deux prévenus se seraient poursuivies.

Le procès est appelé à durer jusqu'à vendredi. Le verdict sera rendu le 21 décembre. Le comptable est poursuivi pour faux dans les titres, gestion déloyale des intérêts publics et alternativement d'escroquerie. L'avocat, lui, doit répondre d'escroquerie et d'instigation à gestion déloyale des intérêts publics. (ats/nxp)

Créé: 10.12.2018, 19h35

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.