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Votations 14 juin «L'initiative sur les successions protège les PME»

Le Fribourgois Gerhard Andrey est l'un des rares entrepreneurs à défendre l'initiative de la gauche qui veut imposer les successions pour financer l'AVS. Il explique pourquoi.

Gerhard Andrey est le co-directeur de Liip SA et membre du comité des Verts suisses. Il est aussi candidat au National.

Gerhard Andrey est le co-directeur de Liip SA et membre du comité des Verts suisses. Il est aussi candidat au National. Image: Entreprise Liip

Une seule ministre cantonale dit oui

Contrairement à ses homologues des autres cantons, la ministre des finances de Bâle-Ville, la socialiste Eva Herzog, s'est prononcée elle aussi en faveur de l'impôt fédéral sur les successions. Elle critique l'argument des opposants selon lequel l'impôt nuirait aux entreprises. Dans le texte de l'initiative, il est clairement mentionné qu'aucun emploi ne doit être perdu, a-t-elle déclaré dans un entretien publié récemment dans le Tages-Anzeiger et le Bund. Le Parlement devra s'y tenir pour appliquer le texte. Selon elle, la campagne d'economiesuisse mise sur les PME car elles ont un important capital sympathie. Cela permet d'éviter la discussion de la répartition de la fortune.

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Cinq entrepreneurs sont montés au créneau mercredi à Berne pour défendre l'initiative «Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS». Selon eux, les PME profiteront de recettes supplémentaires en cas de «oui» le 14 juin. Quelque 4 milliards de francs seront versés à l'AVS en cas d'acceptation du texte. Si le peuple dit non, il faudra trouver d'autres sources de financement pour combler l'assurance vieillesse, ce qui passera inéluctablement par une hausse des cotisations salariales et/ou une hausse de la TVA, estiment-ils. Parmi les personnalités présentes, l'entrepreneur fribourgeois vert Gerhard Andrey, qui gère la PME Liip, forte d'une centaine de personnes.

Le Matin: Pourquoi cette initiative serait un avantage pour les PME ?

Gerhard Andrey: Il manque de l’argent à l’AVS en raison de l’évolution démographique du pays. Il va falloir boucher les trous. Et on va pouvoir le faire grâce à cette initiative sur les successions qui est juste et qui ne va pas mettre en danger les PME. Elles ne risquent rien vu l’exonération de 50 millions dont elles feront l’objet. Non seulement les entreprises ne seront pas en danger, mais en plus elles verront les cotisations salariales des employés baisser. En outre, le texte empêchera peut-être d’augmenter la TVA pour tout le monde.

Vous parlez d'une franchise de 50 millions pour les entreprises. Mais finalement on arrive très vite à cette valeur si on tient compte des biens immobiliers d’une entreprise…

La valeur d’une entreprise contient tout, y compris les dettes. Si on prend les statistiques existantes, seules environ 2% des firmes seront concernées par la nouvelle taxation. L’immense majorité des PME n’est pas touchée par cet impôt, car une valeur de 50 millions, c’est énorme. Dans mon entreprise, qui compte près de 100 employés, on est très loin de ça.

Selon l'initiative, un jeune entrepreneur ne pourra bénéficier d'une exonération que s'il s'engage à poursuivre l'exploitation qu'il a reprise durant au moins 10 ans. Il devra donc mettre de l'argent de côté pour payer l'impôt en cas de revente éventuelle. Cela ne vous dérange pas?

Je trouve que c’est une bonne solution. On reprend une PME et on prouve ainsi qu'on est prêt à le faire. Ensuite, il faut réussir à la gérer. Mais si on n'y parvient pas, il n'y aura pas de taxe à payer non plus! Enfin, quand on a vendu une entreprise, le cash est là. Ce n’est donc pas difficile de payer l'impôt de 20% sur un million de francs par exemple. Il reste quand même 80% d'argent dans les caisses.

Du côté des opposants, on craint de devoir vendre l’entreprise pour pouvoir payer l’impôt sur les successions. Ce n’est pas votre cas?

Pas du tout. L’initiative le précise bien : on doit protéger les entreprises familiales de ceci justement. Or il y a des cantons où la pratique est plus sévère que ce texte. Celui-ci protège les PME. C’est cela qui m’embête aujourd’hui: que les PME suivent une argumentation complètement fausse. Je ne comprends pas pourquoi elles ne voient pas cela.

Dans ce cas, pourquoi aussi peu d'entrepreneurs montent-ils au front pour défendre cette initiative? Sans parler de l'USAM qui recommande le non...

Il s'agit pour moi d'un réflexe. Quand on est une entreprise, on se doit de dire non à une nouvelle taxe. Mais avec cette initiative, il n’y a aucun souci! C’est même une valeur très libérale de ne pas rentrer dans une nouvelle forme d’aristocratie. C’est ce qui se passe aujourd’hui. La richesse croît beaucoup plus vite que les salaires. On entre dans une nouvelle époque qui n’est pas du tout équitable. Et je ne comprends pas que les PME ne le voient pas. Peut-être aussi n’osent-elles pas non plus le dire car des associations comme l'USAM sont très puissantes. En outre il y a des intérêts et des cotisations, ainsi que des membres qui sont plus importants que d’autres.

Créé: 20.05.2015, 14h25

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