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Soins dentaires La Hongrie a les dents longues

Une entreprise genevoise lancée en juin propose de faire le lien entre patients suisses et dentistes hongrois. Ceux-ci pratiquent des tarifs très avantageux.

Image: skyfotostock-Fotolia

Iriez-vous vous faire soigner les dents en Hongrie?

«C’est un vrai business. Les cliniques ont même un guichet à l’aéroport»

Pierre Schafer a retrouvé le sourire. «Maintenant, j’ai une jolie dentition, cela m’a redonné confiance en moi», explique ce Lausannois de 47 ans. L’année passée, il a voulu faire réparer ses deux dents de devant. «Mais les devis des dentistes étaient hors de prix. Heureusement, deux amis m’ont parlé de la Hongrie», raconte-t-il. En septembre dernier, le Lausannois s’embarque donc pour Budapest et un devis gratuit. Dans l’avion et sur place, il rencontre pas mal de Romands venus pour la même raison que lui. «C’est un vrai business. Il y a beaucoup de cliniques et elles ont même un guichet à l’aéroport», détaille-t-il. A la clinique, Pierre Schafer a été immédiatement rassuré par le côté moderne et professionnel ainsi que par les interprètes parlant parfaitement français. «Je n’étais pas inquiet, on voit qu’ils savent ce qu’ils font.» Convaincu, il reviendra en novembre, en mars puis en mai pour réparer ses deux dents mais également refaire l’ensemble de sa bouche. Coût total de l’opération, voyage, hôtel et repas compris: 16 000 francs. «Chez nous, pour deux dents, on me demandait 6000 francs. Je pense que j’en aurais eu pour plus 50 000 francs pour le tout.» Il souligne qu’il n’aurait fait que le strict nécessaire. «En Suisse, je n’aurais pas pu me payer ces soins. Je ne vais pas m’endetter pour soigner ma bouche», affirme-t-il. Aujourd’hui, il se dit très satisfait par son traitement d’autant plus qu’il est garanti par la clinique. «En cas de problème, ils payent même le voyage et l’hôtel pour réparer. Et en plus, j’ai découvert une très belle ville», sourit-il.

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Des prix multipliés par cinq d’un dentiste à l’autre et des praticiens qui poussent inutilement à la consommation. La semaine passée dans «Le Matin», la FRC dénonçait «la jungle des dentistes» en Suisse. Face à cette situation, et pour bénéficier des prix plus attractifs, de plus en plus de Romands décident de confier leur dentition à des médecins étrangers. A tel point que, début juin, deux Genevois ont lancé SwissMedFlight. L’entreprise sert notamment de passerelle entre les patients helvétiques et les dentistes hongrois. Ces derniers pratiquent des tarifs jusqu’à 80% moins chers qu’en Suisse, selon les fondateurs.

«Nous, on estime que la santé ne devrait pas être un luxe. C’est dommage de renoncer à certains traitements pour des raisons financières», souligne Ivan de Weber, cofondateur de l’entreprise. Ce docteur en biologie, actif dans le domaine médical depuis une quinzaine d’années, explique avoir sélectionné une série de cliniques en Hongrie avec son associé. «Nous les avons choisies par rapport à leur réputation, la qualité de leurs infrastructures, les garanties qu’elles offrent et les délais», explique-t-il tout en précisant que SwissMedFlight ne travaille qu’avec des spécialistes qui ont l’habitude d’accueillir des patients francophones.

Attention à la garantie

Le Genevois assure que les prestations sont équivalentes entre la Suisse et la Hongrie. «La formation des médecins est très bonne et les technologies sont les mêmes que chez nous, voire meilleures. Et, c’est un pays très sûr, très propre, il n’y a pas de soucis à se faire», précise Ivan de Weber. La forte différence de prix s’explique, selon lui, par le salaire. «Ce ne sont pas les matériaux qui coûtent cher. En Suisse, 90% des frais sont liés au personnel», affirme-t-il.

De son côté, Joy Demeulemeester, responsable politique de la santé à la FRC, souligne qu’il est normal que les prix soient plus élevés en Suisse qu’en Hongrie. «Mais si vos tarifs font fuir vos patients à l’étranger, il faut vous poser des questions», constate-t-elle. Elle conseille de comparer les frais mais également le protocole de traitement entre les deux pays. «Il faut aussi bien vérifier ce qui est prévu comme garantie et si c’est le droit suisse qui s’applique», détaille-t-elle.

Pour Marco Tackenberg, porte-parole de la Société suisse des médecins-dentistes (SSO), la concurrence hongroise n’est pas un danger pour les dentistes Suisses. «On craint surtout pour la sécurité des patients. Nos études montrent qu’il y a plus de problèmes à l’étranger qu’en Suisse», affirme-t-il. Selon lui, comme il est meilleur marché, un médecin hongrois risque de pousser son patient à faire des travaux qu’un praticien helvétique ne jugerait pas nécessaires. «Et qu’est-ce que vous faites si vous avez un problème? La procédure à l’étranger sera bien plus compliquée qu’en Suisse.»

N’empêche, les Helvètes semblent de plus en plus nombreux à vouloir tenter l’aventure. Quitte à se casser les dents. (Le Matin)

Créé: 11.06.2015, 06h30


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