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Solaire La Suisse fête ses 25 ans d'énergie solaire

Véritable révolution lors de son ouverture, la centrale de Mont-Soleil (BE) fête ses 25 ans. Un quart de siècle peuplé d’avancées mais aussi de critiques.

La centrale de Mont-Soleil en chiffres

200 ménages sont alimentés grâce à la centrale.
Au total, ce sont 600 MWh qui sont produits chaque année.

3 terrains de football, soit
20 000 m2. Voilà la surface occupée par la centrale Mont-Soleil. Les 10 560 panneaux solaires, eux, représentent un total de 4575 m2.

8,7 millions de francs ont été investis dans la construction de la centrale. En vingt-cinq ans, elle aura produit 10 GWh d’électricité. Soit environ ce qui est consommé en une heure et demie en Suisse.

Mais l’objectif de Mont-Soleil n’a jamais été la rentabilité. Ses concepteurs cherchaient surtout à créer un centre de recherche et d’information.


C'est quoi un kWh?

Un kilowattheure (kWh) correspond à l’énergie consommée par un appareil d’une puissance de 1000 watts pendant une heure.

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Ils sont 10 560, résolument tournés vers l’avenir. Et le soleil. Inaugurés il y a vingt-cinq ans, les panneaux solaires de Mont-Soleil dans le Jura bernois étaient alors perçus comme une véritable révolution. «On ne peut plus s’imaginer mais, à ce moment-là, c’était une grande innovation suisse et mondiale. C’était de loin la plus grande centrale solaire d’Europe», assure Martin Pfisterer, président de la société Mont-Soleil. Celui qui est au cœur du projet depuis le début n’est pas près d’oublier le 28 avril 1992, jour de l’inauguration. «Le ciel était noir, il y avait une pluie terrible mais les médias de toute la Suisse étaient présents», se souvient-il en se baladant entre les gigantesques tables photovoltaïques qui trônent dans un champ parsemé de jonquilles.

Le conseiller fédéral Adolf Ogi était également de la partie. «N’est-ce pas le moment que la Suisse se réveille? Bien sûr que si l’on n’essaie pas du tout, on n’y arrivera jamais», déclarait le Bernois dans son discours officiel. Car, à l’époque, l’opinion publique était loin d’être acquise au projet. «Au début, on a eu droit à énormément de critiques. On était des idiots qui jetaient l’argent par les fenêtres et qui sacrifiaient un champ», raconte le président de la centrale.

La rentabilité, pas un objectif

Si son nom – Mont-Soleil – semblait le prédestiner à accueillir la centrale, la réalité est un peu plus complexe. «On voulait aller le plus haut possible parce que la rentabilité est bien meilleure quand il fait plus froid et que l’air est clair. On a fait le tour des Alpes, on a demandé en Valais, dans les Grisons, personne ne voulait de nous», précise ce passionné de nouvelles technologies, engagé pour les énergies renouvelables depuis plus de trente ans. Le consortium composé des deux sociétés BKW et Electrowatt opte donc pour cette prairie de 20 000 m2 à 1200 mètres d’altitude. D’autant plus qu’un funiculaire partant de Saint-Imier (BE) facilite l’accès au site. Un critère important sachant que l’un des buts de la centrale est de sensibiliser le public à la possibilité de produire de l’énergie grâce au soleil. «Encore aujourd’hui, c’est quelque chose de difficile à expliquer», souligne Martin Pfisterer tout en précisant que 50 000 personnes par année visitent les lieux.

Car si la centrale, qui a tout de même coûté près de 9 millions de francs, produit suffisamment d’électricité pour alimenter près de 200 ménages, elle n’a jamais eu pour objectif principal d’être rentable. D’autant plus qu’à l’époque il n’y avait pas de subventions pour les énergies renouvelables. «Exploiter une grande centrale comme celle-ci, c’est très intéressant pour la recherche et le développement», justifie le responsable. Du doigt, il désigne une alignée de panneaux photovoltaïques, tous différents les uns des autres. «Des fabricants du monde entier viennent tester leur matériel ici. Nous sommes une référence en la matière et nous avons une énorme expérience dans le domaine», affirme Martin Pfisterer.

De nouveaux défis

C’est d’ailleurs l’un des points forts de la centrale de Mont-Soleil. «25 ans après, il y a toujours un intérêt mondial à venir ici. Notre recul permet de mieux comprendre comment les cellules photovoltaïques vieillissent», indique-t-il. Alors qu’ils étaient prévus pour durer 15 à 20 ans, les panneaux d’origine sont toujours fidèles au poste un quart de siècle plus tard. «Nous avons assuré un entretien important, donc ils sont en bon état. J’espère qu’ils tiendront jusqu’à 30 ou 40 ans», relève le responsable. Au final, seule une des 110 tables a dû être changée. «Maintenant, elle est équipée des mêmes cellules que «Solar Impulse», affirme-t-il. Le centre de recherche bernois a d’ailleurs soutenu l’aventurier lors de ses différents exploits. En hommage à leur longue collaboration, le 3 mai prochain, le chemin menant à la centrale sera renommé «Bertrand-Piccard».

En mai, BKW inaugurera également, juste à côté de l’observatoire astronomique érigé en 2002, un tout nouveau pavillon destiné aux visiteurs. Objectif: mettre en avant les nouveaux enjeux liés aux énergies renouvelables. «La société Mont-Soleil a adapté ses priorités. On a fait beaucoup de choses en 25 ans, mais tout n’est pas allé aussi vite que ce qu’on aurait voulu. Désormais, nous recherchons comment intégrer cette électricité produite de manière décentralisée au réseau», détaille-t-il. À ses yeux, le public a parfois tendance à occulter les limites de l’énergie solaire. «Nous, on travaille avec les lois de la nature. Quand il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de production. Cela paraît simple mais certains l’oublient», regrette-t-il.

«Pas LA solution»

Pour le responsable de la centrale, il est donc important de travailler sur les technologies de réglage et de stockage pour pouvoir gérer la courbe de consommation qui varie fortement dans la journée. «Le solaire n’est pas LA solution mais, tout comme l’éolien, il peut contribuer à notre avenir énergétique», analyse-t-il. Songeur, il repense au 28 avril 1992. «Ce jour-là, j’avais de grands espoirs. Aujourd’hui, c’est davantage qu’un espoir. Depuis 25 ans, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de possibilités. La technologie s’est industrialisée et les prix ont chuté.» De quoi lui laisser entrevoir un avenir ensoleillé.

Créé: 18.04.2017, 14h29

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