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Sécurité La Suisse menacée par les djihadistes: et alors?

Jusqu’à présent, les autorités suisses ont calmé le jeu. Mais une vidéo de terroristes et les événements en Belgique doivent changer la donne.

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Un jeune homme barbu, en treillis, avec une Kalachnikov entre les mains, affirme que les attentats contre Charlie Hebdo «auraient dû être faits depuis longtemps». Dans une vidéo postée mercredi sur Internet, via le compte Twitter d’un partisan de l’Etat islamique (EI), ce djihadiste ânonne en français la propagande du groupe terroriste: «Ces opérations-là… ils seront de plus en plus dans toute l’Europe: en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse… partout en Europe et partout en Amérique.» Le film de 2 minutes 35 se déroule sous la neige, vraisemblablement à Raqqa, en Syrie, selon l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient. Deux autres jeunes francophones se relaient devant la caméra, incitant à tuer «les infidèles».

Une première fois en automne

«C’est la deuxième fois que l’EI menace nommément la Suisse», relève Jean-Paul Rouiller, directeur du Centre genevois d’analyse du terrorisme. «A l’automne, le message était en allemand. Les deux grandes régions linguistiques sont donc touchées. Les choses sont claires: la menace est sur la table.» L’expert, malgré une coordination avec des collègues étrangers, n’est pas parvenu à identifier les trois protagonistes. Ce qui peut laisser penser qu’ils sont arrivés en Syrie récemment. Pour lui, la question qui se pose maintenant avec acuité est: comment les partisans de l’EI en Suisse vont réagir face à cette sollicitation directe? «Les opérations qu’on leur demande n’exigent aucune préparation. Un couteau de cuisine, une voiture… les polices cantonales doivent être en alerte. Tout est possible.» Impossible de savoir si Jean-Paul Rouiller a raison: celles-ci ne communiquent pas. Tout comme le Service de renseignement de la Confédération (SRC) et le Ministère public de la Confédération qui ont pour seule réponse «avoir connaissance de la vidéo».

Silence pour éviter la panique

Malgré le contexte anxiogène, le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) Ueli Maurer ne risque pas non plus un mot de plus. Les autorités cherchent-elles à identifier les djihadistes? Vont-elles renforcer les effectifs de police? Craignent-elles pour le Forum de Davos qui débute le 21 janvier? Seule la Police fédérale (FedPol) en dit un peu plus: «La situation en matière de sécurité n’a pas changé. Les autorités de sécurité suisses ne sont actuellement en possession d’aucun élément indiquant une menace concrète que ce soit pour la Suisse elle-même, pour des intérêts suisses ou pour des intérêts étrangers en Suisse. Les organes de sécurité surveillent toute nouvelle évolution dans ce domaine avec une vigilance accrue.» Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la Revue militaire suisse, partage cette position. Pour lui, cette vidéo ne justifie pas de prendre des mesures urgentes: «La parole est un outil parmi d’autres, utilisée par l’EI dans le but de faire le maximum d’effets avec le minimum de moyens. Cette tactique est connue depuis un certain temps. La France et la Belgique ont été visées à de multiples reprises par le passé.» Néanmoins, pour Jean-Paul Rouiller, ce discours des autorités vise seulement à éviter une panique des citoyens.

Créé: 16.01.2015, 12h18

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