Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 03:26

Votation du 9 février La Suisse va se prononcer sur son avenir ferroviaire

Le 9 février, les citoyens devront dire s’ils acceptent de débourser 6,4 milliards de francs d’ici 2025 pour développer le réseau ferroviaire. Un sujet qui divise partis et associations.

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Faut-il dépenser 6,4 milliards de francs d’ici 2025 pour développer le réseau ferroviaire suisse? C’est à cette question que les Suisses devront répondre dans les urnes le 9 février prochain. En effet, ils devront dire s’ils acceptent ou non le nouveau fonds d'infrastructure ferroviaire (FAIF) concocté par la Confédération.

Victime de son succès et des besoins croissants de mobilité, le réseau ferroviaire a atteint ses limites. Des passagers doivent voyager debout sur certains trajets et il est quasiment impossible d'ajouter des convois aux heures de pointe. La création de ce fonds est censé améliorer la donne, selon le Conseil fédéral.

Suisse romande avantagée

Toutes les régions devraient profiter du FAIF qui devrait permettre des cadences semi-horaire sur de nombreux tronçons et même au quart d’heure dans certaines zones urbaines. La Suisse romande devrait même être privilégiée. Elle bénéficiera de travaux pour 3 milliards de francs. Des prolongements de quais permettront ainsi de mettre en service des trains à deux étages entre Genève et Lausanne. Le temps de parcours Lausanne-Berne sera réduit, tout comme celui de la ligne du pied du Jura, avec le doublement du tunnel de Gléresse (BE), entre Bienne et Neuchâtel.

Le FAIF, qui sera inscrit dans la constitution fédérale, nécessite donc l'aval du souverain. D’abord présenté par le Conseil fédéral dans une première mouture devisée à 3,5 milliards, il garantira le financement de travaux et l'entretien à raison de 6,4 milliards finalement, ceci pour la première étape uniquement. Il sera alimenté par les mêmes sources que l'actuel Fonds pour les transports publics (redevance poids lourds, TVA, impôt sur les huiles minérales). La Confédération y versera 2,3 milliards, les cantons 500 millions par an, soit 200 millions de plus qu'actuellement.

Les billets seront plus chers

Le peuple devra aussi mettre la main au portemonnaie. Non seulement le billet de train devrait renchérir, mais la TVA sera relevée d’un pour mille de 2018 à 2030 et la déduction fiscale accordée par la Confédération aux pendulaires sera limitée à 3000 francs.

Un comité contre le FAIF a été constitué. Il réunit des représentants de l'UDC, de l'association des transporteurs routiers ASTAG et de celle des importateurs d'automobile auto-suisse. Pour eux, le plan de financement est cher et exagéré. Un montant jugé même «délirant».

Hausse des frais d’exploitation ?

Pour les opposants, ces 6,4 milliards de francs ne représentent que la pointe de l’iceberg. Ils craignent en effet les frais d’exploitation qu’engendreront ces aménagements. D'autres convoitises démesurées suivront, estiment-ils. Ils évoquent ainsi une facture de 8,5 milliards pour réduire la durée du trajet entre Coire et Zurich.

Un autre grief à l'encontre du nouveau fonds FAIF est qu'il sera alimenté par la redevance poids lourds et une partie de l'impôt sur les huiles minérales. La subvention croisée du rail par la route serait désormais ancrée dans la constitution «pour l'éternité», selon le comité.

Le comité ne veut rien savoir non plus du maintien d'une part de la hausse de la TVA et rejette en outre le plafonnement à 3000 francs de la déduction fiscale pour frais de transports. Il craint que les cantons ne s’engouffrent dans la brèche vu leurs problèmes financiers. Et prédit enfin des hausses d’impôts de 500 à 1000 francs.

Le comité a été rejoint dans son non au FAIF par le Forum des consommateurs, qui, contrairement à la Fédération romande des consommateurs (FRC), craint que l’augmentation massive des coûts des infrastructures se répercute sur le prix des transports. De plus, les passagers devront payer davantage, indépendamment de leur utilisation des transports publics.

Nombreux partisans malgré tout

Mais les partisans du projet fédéral sont nombreux. A commencer par les principaux partis politiques. Pour un comité composé de 173 parlementaires issus du PBD, PDC, PLR, PLVL, Verts, PS et même UDC, le FAIF permet de répondre aux besoins croissants du réseau et d’assurer de nombreux emplois. De plus, il rassemble les régions, la ville et la campagne. Le financement du projet est encore jugé honnête et équitable.

Le FAIF reçoit également la bénédiction des gouvernements vaudois et genevois, qui jugent les aménagements prévus essentiels à la compétitivité de la Métropole lémanique. Une alliance de 26 organisations pour les transports publics estime de son côté qu’il s’agit d’un maillon indispensable au succès et à l’image de la Suisse. Ses membres estiment que ses répercussions seront modérées et supportables sur les tarifs en vigueur.

En outre, un «non» du peuple le 9 février créerait une lacune de financement énorme, préviennent-elles. Certains risqueraient de retourner à la route et les prix du rail augmenteraient massivement. Enfin dernier argument massue: il n'y a pas de plan B! Il faudra tout recommencer à zéro et des années de travail tomberont à l'eau, arguent les partisans du FAIF.

Un oui s'annonce dans les urnes

Selon le 2e sondage SSR/GfS Bern publié le 29 janvier dernier, le fonds serait toujours accepté par 56% des personnes, contre 28% de «non» ( +1% par rapport au premier sondage du 10 janvier). Le nombre d'indécis reste toujours très élevé, à 16% (-1%).

Créé: 03.02.2014, 13h29


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