Jeudi 23 mai 2019 | Dernière mise à jour 09:01

Politique Le Conseil fédéral ne touchera pas à ses propres rentes

A l'heure où Alain Berset présente au Conseil fédéral son projet de refonte du 1er et du 2e pilier, le gouvernement n'entend pas réduire ses propres rentes.

Les projets de refonte du 1er et du 2e pilier que va proposer Alain Berset ne s'appliqueront pas au Conseil fédéral.

Les projets de refonte du 1er et du 2e pilier que va proposer Alain Berset ne s'appliqueront pas au Conseil fédéral. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Conseil fédéral entend réformer l’AVS et la prévoyance professionnelle (LPP) et Alain Berset doit présenter dans la journée les mesures prévues qui toucheront Suisses et Suissesses. Tous? Non, car un groupe résiste encore et toujours aux réformes qui frappent les autres: le Conseil fédéral lui-même.

Le gouvernement prévoit de relever l'âge de la retraite pour les femmes à 65 ans, au même niveau que les hommes. Le Conseil fédéral ne connaît pas ce problème puisque ses anciens membres toucheront une retraite, quel que soit l'âge de leur départ. Seule condition: être resté en fonction au moins quatre ans. Et s'ils se retirent pour raisons de santé, ils touchent l'entier de leur pension, peu importe le temps passé au cénacle.

Quant aux montants prévus, Alain Berset prévoit de réduire le taux de conversion LPP à 6% contre 6,8% jusqu'à présent, ce qui correspondrait à une baisse des rentes de près de 10%, ajoute le Tages-Anzeiger dans son édition du jour. Une décision qui ne concerne pas les conseillers fédéraux dont la rente est fixée à 222'000 francs par année, soit la moitié de leur rémunération annuelle.

Les pensions coûtent plus que les salaires

Les veuves sans enfants n'auraient plus droit à une rente de survivants. Cette règle ne s'applique pas aux veuves des Conseillers fédéraux puisqu'elles reçoivent chaque année 133'000 francs, «pour autant que l'union a duré deux ans au moins», précise l'Ordonnance de l’Assemblée fédérale concernant les traitements et la prévoyance professionnelle des magistrats.

En fin de compte, il en ressort que la Confédération dépense davantage pour les rentes de ses anciens conseillers fédéraux que pour les salaires des membres en activité. La Chancellerie fédérale précise que les retraites des ex-magistrats dépassent allégrement les trois millions de francs, auxquels s'ajoutent des rentes de veuves pour 0,8 million. A titre de comparaison, la masse salariale actuelle des sept membres de l'instance s'affiche à un peu plus de trois millions.

Quelques conseillers fédéraux ont renoncé à leur retraite mais le gouvernement défend pied à pied ses privilèges, le porte-parole André Simonazzi indiquant qu'aucune réforme n'est prévue à ce niveau.

Peu de volonté de réforme au sommet

Simonetta Sommaruga n'est pas fondamentalement opposée à un changement, comme elle l'exprimait voici dix ans quand elle était encore conseillère nationale. «Il ne s'agit pas de jalousie ou d'envie mais d'appliquer à soi même ce qu'on impose aux autres.» Elle proposait alors que les ex-Conseillers fédéraux ne touchent des prestations complètes qu'une fois atteint un certain âge. Actuellement, elle ne souhaite plus s'exprimer à ce sujet.

Une ancienne Conseillère fédérale a personnifié la problématique comme personne. Ruth Metzler avait été éjectée du gouvernement en 2003 à l'âge de 39 ans mais elle avait eu droit à sa retraite, ce que Hans-Rudolf Merz, le chef du Département fédéral des finances de l'époque, avait jugé «inacceptable».

Ruth Metzler avait perdu ce droit après avoir accepté un poste bien rémunéré chez Novartis. Agée de 49 ans, elle travaille désormais comme conseillère et administratrice mais elle touche depuis 2012 une rente partielle. (nxp)

Créé: 21.06.2013, 13h22

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.