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Ethnographie Les biens culturels volés à l'honneur à Neuchâtel

Le Musée d'ethnographie de Neuchâtel s'est penché sur les acquisitions d'objets ramenés d'Angola par Théodore Delachaux entre 1921 et 1945.

Le MEN envisage aujourd'hui ces collections comme un patrimoine partagé susceptible de faire l'objet d'un retour en Angola. (Lundi 1 mai 2017)

Le MEN envisage aujourd'hui ces collections comme un patrimoine partagé susceptible de faire l'objet d'un retour en Angola. (Lundi 1 mai 2017) Image: Twitter/@arcinfo

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Le Musée d'ethnographie de Neuchâtel (MEN) a étudié les collections rapportées d'Angola par Théodore Delachaux, conservateur entre 1921 et 1945. Son voyage et les circonstances d'acquisition des objets ont été reconstitués à partir des archives.

M. Delachaux ramène au total 3500 objets de cette ancienne colonie du Portugal. La question de la légalité de l'acquisition n'était pas encore présente à l'époque, tient à préciser Bernard Knodel, conservateur adjoint du MEN. «Nous ne pouvons pas juger nos prédécesseurs à l'aune des critères actuels.»

Théodore Delachaux fait le récit d'un cas exceptionnel dans cette mission: l'acquisition d'un masque utilisé durant une cérémonie de circoncision. La population le lui avait promis avant de se rétracter. L'équipe du conservateur décide alors de s'emparer du masque.

Echanges déséquilibrés?

Dans sa valise, le conservateur emporte des objets qu'il pourra échanger: poupées, livres d'images ou épingles à nourrice, raconte M. Knodel. Ces cadeaux viennent «compléter le paiement», lit-on dans une lettre écrite par un missionnaire à M. Delachaux.

Les populations qui ont besoin de payer les impôts instaurés par les colons se défont plus facilement d'objets contre de l'argent. Mais elles ont donné ou vendu uniquement les objets dont elles souhaitaient se séparer, rappelle M. Knodel. Les mécanismes d'échange étaient donc assez équilibrés, selon lui.

Auprès des populations riches, Théodore Delachaux essuie d'ailleurs des refus. «Je n'arrive pas à l'acheter», lit-on dans ses mémoires.

Pas de simplification

«On ne peut pas avoir une idée toute faite ni simplifier ni être d'emblée catégorique sur 'volé ou non'». La question est plus complexe, estime M. Knodel.

Le MEN envisage aujourd'hui ces collections comme un patrimoine partagé susceptible de faire l'objet d'un retour en Angola sous une forme ou une autre. Pour le conservateur adjoint, un «contrat tacite» a été signé entre M. Delachaux et les locaux pour conserver ces objets et le musée en est le dépositaire temporaire.

Les recherches ont été présentées au MEN lors de l'exposition Retour d'Angola entre 2007 et 2012. (ats/nxp)

Créé: 01.05.2017, 11h03

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