Lundi 16 septembre 2019 | Dernière mise à jour 22:04

Santé Le faux remède miracle des pseudos médecins suisse

Deux «scientifiques» suisses ont cosigné une étude mensongère vantant un produit qui peut être extrêmement dangereux.

Le traitement vanté dans l'étude bidonnée était présenté comme capable de faire disparaître tous les symptômes de la malaria.

Le traitement vanté dans l'étude bidonnée était présenté comme capable de faire disparaître tous les symptômes de la malaria. Image: iStock

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En 2018, la revue scientifique «GSC Biological and Pharmaceutical Studies» publiait une étude sur les effets miraculeux d’un traitement contre la malaria. Cette même étude, relate ce vendredi «Le Temps», est désormais barrée par l’infamant sceau «retracted» – retirée. Et pour cause: elle est complètement mensongère.

La revue indique désormais à propos de cette recherche: «Les éditeurs ont récemment été alertés par un lecteur que les faits rapportés dans ce texte sont faux et qu’aucune étude n’a en réalité été menée par les auteurs. Un examen attentif laisse soupçonner une activité douteuse suggérant que les données ont été manipulées ou carrément inventées.»

Miracle: la malaria avait disparu...

Cette recherche prétendait avoir testé de la Malachlorite sur 500 personnes atteintes de malaria au Cameroun – trois prises par jour durant huit jours. «Avec des effets miracles, puisque les symptômes de la malaria avaient tout simplement disparu», écrit «Le Temps». Or ce test n’a simplement jamais eu lieu.

On apprend encore que cette Malachlorite est présentée comme une «solution minérale miracle» et vendue par des sites louches comme un «détoxifiant». Or cette solution chimique servant à désinfecter l’eau est plus proche de la javel que d’un médicament… «En cas de prise orale, cela peut entraîner des troubles gastro-intestinaux de degré de gravité variable pouvant aller jusqu’à mettre la vie en danger et nécessiter une hospitalisation», prévenait Swissmedic en 2010.

Des unités introuvables

Qui a commis cette étude bidonnée? Le principal signataire est un Allemand qui œuvrait à l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf. Son titre lui a été retiré il y a un peu plus de trois mois.

Les deux coauteurs sont Suisses. Le premier se présente comme appartenant au «département du développement de l’énergie de Davos». Une unité qui n’existerait pas, selon «Le Temps». La seconde se dit du «Centre des nouvelles stratégies thérapeutiques», qui n’existerait pas davantage. Tous deux n’ont pas répondu aux sollicitations du quotidien.

Problème pas résolu

«Le Temps» note encore que si ces trois personnes sont maintenant démasquées, le problème de ce pseudo-remède miracle n’est pas réglé. Un Britannique agissant apparemment sous la supervision d’un pasteur américain a été arrêté au printemps en Ouganda: il avait distribué massivement cette Malachlorite. Résultat 50 000 personnes intoxiquées.

R.M.

Créé: 13.09.2019, 11h45

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