Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 18:59

Pouvoir «Le huitième conseiller fédéral, c'est moi!»

«Blick» met au concours une place virtuelle au gouvernement. Mais, en fait, elle est déjà prise par Stéphane Babey, journaliste au «Matin» et farceur à «Vigousse».

50'000 francs pour jouer au conseiller fédéral, ça vous tente?

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Pour une fois, les Romands ont une longueur d’avance dans la quête du pouvoir en Suisse. Malheureusement, c’est juste pour rire! Depuis 2011, un certain Stéphane Babey (42 ans), Jurassien habitant à Lausanne, se présente en effet comme le 8e conseiller fédéral.

Semaine après semaine, il se met en scène avec son vieux téléphone dans l’hebdomadaire satirique Vigousse. Dernièrement, il a même fait la une avec des révélations sur ses liaisons multiples, passant d’Ursula Andress (77 ans) à une poupée gonflable et même l’entier de l’équipe suisse féminine de curling! «Je suis souvent au téléphone avec François Hollande. Nous partageons la même vision de la vie et des femmes», confie le 8e conseiller fédéral, fin politicard et sacré gaillard!

Candidat déclaré

Censé diriger secrètement la Suisse et ses 7 «subalternes» du gouvernement à Berne, l’homme le plus puissant du pays se voit toutefois obligé de sortir de l’ombre. Imaginez: les Alémaniques veulent lui piquer sa place. Le quotidien Blick lance en effet cette semaine un grand concours pour élire un huitième ministre qui régnera symboliquement cet été pendant 45 jours à la tête du Département du peuple, moyennant un vrai salaire de conseiller fédéral (50 000 francs).

Hier, le superconseiller fédéral romand a ainsi accordé sa première interview pour annoncer qu’il va déposer son dossier de candidature auprès de Blick. «Il faut que je rappelle à Zurich que c’est moi qui décide de tout dans ce pays et que la place de 8e conseiller fédéral n’est donc pas à prendre!» explique l’homme au téléphone gris. Va-t-il proposer un programme pour relancer et ressouder la Suisse après le vote du 9 février contre l’immigration de masse, comme l’imagine Blick? «C’est le pognon (ndlr: les 50 000 francs) qui m’intéresse, coupe-t-il. Le programme, ce sont mes sept sous-fifres du Conseil fédéral qui s’en occupent!»

Provocation à Zurich

Provoquant jusqu’au bout, le vrai faux 8e conseiller fédéral va donc déposer sa candidature ces prochains jours à Zurich. Entouré de ses deux sbires – un graphiste photographe et un coauteur des textes –, il prévoit une campagne éclair. «Il va diriger tout cela depuis son bunker, fidèle à ses valeurs de base, soit l’égoïsme et le cynisme», indique son équipe de campagne.

Fin de l’interview gag, mais pas de l’aventure, puisqu’il faudra voir comment Blick répond à cette provocation romande. Nous serons bien placés pour suivre à la trace le superconseiller fédéral en campagne, car, dans la vraie vie, Stéphane Babey est employé à 80% comme journaliste au secrétariat de rédaction… du Matin!

Sérieux et efficace au civil, ce Jurassien manie le second degré avec panache. Finira-t-il parmi les 9 finalistes que les lecteurs alémaniques départageront par un vote d’ici au 24 mai? Les paris sont ouverts.

Bonne chance et longue vie à «notre» superministre! (Le Matin)

Créé: 26.02.2014, 10h10