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Suisse Le laser a la cote chez les casseurs

Plusieurs policiers ont dû faire contrôler leurs yeux suite aux violents affrontements du week-end en ville de Berne. De puissants rayons avaient été pointés par les manifestants.

Les contestataires ont tenté d’aveugler les forces de l’ordre lors des bagarres de rue survenues vendredi et samedi derniers dans le quartier bernois de Schützenmatte.

Les contestataires ont tenté d’aveugler les forces de l’ordre lors des bagarres de rue survenues vendredi et samedi derniers dans le quartier bernois de Schützenmatte. Image: SRF

1 milliwatt

Telle est la mesure au-delà de laquelle les pointeurs lasers
sont considérés comme des armes, les lésions occasionnées pouvant devenir irréversibles.

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En plus des «traditionnels» barricades, engins pyrotechniques, vitrines brisées et véhicules en feu, les images rendant compte des violents heurts survenus samedi soir en ville de Berne entre manifestants et forces de l’ordre montrent aussi de larges faisceaux de lumière verte. De puissants rayons lasers, pointés par les protestataires en direction des policiers.

Dans les villes alémaniques, ces petits appareils font partie intégrante de la panoplie des casseurs, au même titre que les pierres, bouteilles et autres pétards, et ce depuis plusieurs années (à Zurich fin 2014, à la Foire de Bâle et dans la capitale fédérale au printemps 2013…). Si bien que les gendarmes, bernois notamment, partent systématiquement en mission équipés de lunettes spéciales antilasers pour ce type d’intervention. Contrairement aux agents des corps de police romands. Du moins pour l’instant; les black blocs à l’œuvre dans les villes vaudoises ou genevoises n’ayant encore jamais fait usage de ces dangereux rayons susceptibles d’occasionner des lésions irréversibles à la rétine s’ils sont plus puissants que 1 milliwatt.

«Les agents ne devraient plus intervenir sans lunettes de protection», réagit la présidente de la Fédération suisse des fonctionnaires de police, la Grisonne Johanna Bundi Ryser. «Ces pointeurs constituent vraiment un gros problème, nous les considérons comme des armes: il faudrait soit les interdire – pour les modèles à la plus forte intensité –, ou au moins modifier la législation pour que le port et la détention de ces puissants lasers (ndlr: dont la commercialisation est interdite en Suisse depuis 2011) fassent l’objet d’une autorisation administrative.»

Potentielles séquelles à vie

Son homologue de l’association professionnelle de la Police cantonale bernoise, Adrian Wüthrich, a pour sa part déclaré à nos confrères de Blick qu’il existait désormais «une guerre contre les forces de l’ordre», les agents étant «délibérément visés, avec pour intention de les blesser». Neuf d’entre eux ont en tout cas passé la nuit de samedi à dimanche à l’hôpital, dont un membre de la police ferroviaire. «Il n’est pas encore clair si certains garderont des séquelles au niveau des yeux», nous précise Dominik Jäggi, porte-parole à la police bernoise. Qui indique que deux gendarmes avaient déjà fait l’objet d’une attaque au laser vendredi soir dans le même quartier de la Schützenmatte, le fief des milieux alternatifs qui protestent contre l’évacuation mercredi dernier du squat d’une bâtisse propriété de la Confédération.

Pendant ce temps, sous la Coupole, les sénateurs ont rejeté hier soir la motion UDC demandant une peine plancher de 1 an de prison au lieu de jours-amendes pour sanctionner les violences contre les fonctionnaires. Un durcissement qui avait passé la rampe du Conseil national en septembre dernier.

Les black blocs de tous les cantons peuvent respirer.

Créé: 28.02.2017, 14h50

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