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Editorial Le monde politique ne devrait pas snober les infirmières

Le Conseil fédéral ne présente pas de contre-projet à l'initiative des milieux infirmiers. Il sous-estime le malaise d'une profession dont on a tous besoin.

Ce mercredi à Lausanne, Dominique Simonet, présidente de l'Association suisse des infirmières et infirmiers, section Genève, était dans la rue avec ses collègues pour défendre une profession en mal de reconnaissance.

Ce mercredi à Lausanne, Dominique Simonet, présidente de l'Association suisse des infirmières et infirmiers, section Genève, était dans la rue avec ses collègues pour défendre une profession en mal de reconnaissance. Image: DR

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«Qui me soignera en 2030, cher conseiller fédéral ?» C'est par cette boutade que les infirmières et infirmiers ont manifesté aujourd'hui dans huit villes de Suisse, dont Lausanne. La date choisie n'était pas innocente, puisque le Gouvernement devait préciser sa position sur l'initiative qui veut revaloriser leur profession. Résultat, c'est une piqûre de rappel du mois de mars: un refus sans contre-projet.

Pour gérer le vieillissement de la population, nous aurons pourtant besoin davantage d'infirmières et infirmiers à l'avenir. Hélas, pour beaucoup, cette profession n'est pas ou plus un métier d'avenir. Nombreuses sont celles qui jettent l'éponge au bout de cinq ou dix ans à cause de la dégradation des conditions de travail. C'est là le paradoxe d'une activité profondément humaine, qui manque souvent de reconnaissance.

Du respect, tout simplement

Les infirmières ont déposé leur initiative «Pour des soins infirmiers forts» en novembre 2017, symptôme du malaise qu'elles ressentent dans un univers médical très hiérarchisé. Elle demande à ce que leur profession soit considérée «comme une composante importante des soins», que la formation soit la règle et que les infirmières ou infirmiers aient davantage d'autonomie pour fournir le cas échéant des prescriptions médicales. Autrement dit, les infirmières veulent davantage de respect.

La position du Conseil fédéral n'est qu'une demi-surprise, malgré les assurance d'Alain Berset. A Berne, les infirmières n'ont de loin pas la puissance de frappe des autres lobbies de la santé, à commencer par leurs supérieurs, les médecins. Il ne s'agit pas d'opposer les premières au second, mais dans la pratique, il arrive parfois que des praticiennes bien formées au contact des patients finissent par être aussi futées dans la pose d'un diagnostic que leur collègue de travail plus titré.

Le Parlement peut dorénavant proposer un contre-projet. Cependant, au vu des majorités bourgeoises figurant dans les deux commissions ad hoc de la santé, il semble peu probable qu'il se dégage une majorité en faveur d'une proposition satisfaisante. A la fin, ce serait donc au peuple de trancher. On verra alors qui osera faire campagne contres les infirmières. Un jour ou l'autre, elles sont à notre chevet à tous, que l'on soit conseiller fédéral ou vendeur de parapluies.

Créé: 07.11.2018, 15h24

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