Mercredi 22 novembre 2017 | Dernière mise à jour 22:09

Zénitude Le yoga à 3000 m, ça fait planer

Le freerider valaisan Émilien Badoux donne le cours de yoga le plus haut d’Europe, sur le Mont-Fort (VS). «Le Matin» a accompagné un groupe. Reportage.

Tournage: Maxime Schmid / Montage: Laura Juliano

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Le yoga a changé sa vie

Dévaler les pentes de 50 degrés du Bec-des-Rosses en sautant des rochers, ou descendre en soi en quête d’harmonie le temps d’une séance de yoga, des deux activités, la plus «Xtreme» n’est pas forcément celle qu’on croit! Émilien Badoux, 34 ans, le sait. Le champion du monde 2014 de snowboard freeride a découvert le yoga voici seize ans grâce à un livre culte offert par sa mère. «Cet ouvrage intitulé «Sports et yoga» est devenu ma bible», explique le Valaisan, qui s’est illico lancé à fond dans la discipline, qu’il pratique aujourd’hui quotidiennement.

Au départ, cela prolongeait ses étirements sportifs, mais, très vite, le freerider a constaté des bienfaits au niveau mental. «Le yoga m’a aidé à mieux récupérer des blessures et, en compétition, à me glisser dans ma bulle de zénitude et à oublier juges et spectateurs.» Retiré du circuit, suite notamment au décès de son amie Estelle Balet dans une avalanche, le résident de Champsec (VS) a aujourd’hui «envie de partager» ce qu’il a appris du yoga, notamment en allant l’étudier aux sources, en Inde. Peut-être les prémices d’une belle reconversion pour ce paysagiste de métier…

www.emilienbadoux.ch

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C’est le «cours de yoga le plus haut d’Europe» à en croire son initiateur, le célèbre freerider Émilien Badoux. Cet été, le Valaisan s’est mis à donner des leçons de yoga à 3300 m, au sommet du téléphérique du Mont-Fort, à Verbier (VS). Nous avons participé à sa leçon jeudi dernier, et la «connexion à la nature et à son corps» promise par Badoux a bien eu lieu. Mais, pour y goûter, il fallait se lever tôt, tel un véritable yogi!

Deux yogis pour dix yoginis

Le bus nous menant vers le départ des téléphériques part de Verbier à 5 h. Nous y sommes coincés debout dans la pénombre entre les «pinpins» (surnom donné aux touristes ici) partant admirer le lever du soleil au Mont-Fort au son du cor des Alpes. Une fois là-haut, nous goûtons aussi à cette activité estivale bien connue, mais à l’écart, escortés sur une arête effilée par notre prof. Lequel s’assoit en lotus sur un pic rocheux à cheval entre deux précipices, et entame une méditation tandis que le soleil se lève au loin derrière le Cervin. Le silence s’impose dans notre petit groupe et une certaine sérénité avec.

«Le matin est propice au yoga car il y a plus de prana (ndlr: énergie ou souffle vital selon les textes sacrés de l’Inde) dans l’atmosphère, et aussi car on peut instaurer un état d’être positif qui nous accompagnera toute la journée», explique Émilien Badoux. Il fait 10 degrés. Un thé pour se réchauffer dans l’igloo du Mont-Fort et c’est parti! Les douze participants s’organisent en demi-cercle sur la plate-forme attenante au téléphérique. Nous ne sommes que deux hommes. Le cliché machiste comme quoi «le yoga est un truc de gonzesses» aurait-il la vie dure? Quoi qu’il en soit, après un bref échauffement, la leçon commence par de classiques «salutations au soleil», un enchaînement de positions de circonstance vu l’heure, et qui mettraient 500 muscles en action!

Réveil à défaut d’éveil

L’altitude se fait sentir. Les positions d’équilibre sont plus difficiles à tenir que de coutume, d’après les habitués. Quant aux pranayamas (les exercices de respiration), ils permettent de constater qu’il y a bel et bien moins d’oxygène ici! À défaut de trouver l’éveil tant convoité des yogis, on est réveillé, présent à soi et aux montagnes, dont l’énergie enveloppante est perçue par les plus sensibles. Les postures s’enchaînent. Certaines sont difficiles à tenir. Émilien Badoux, tel un maître indien, invite tour à tour à visiter cet inconfort physique ou à «s’identifier à la zénitude des arbres». Tout un programme!

Son yoga inspiré du célèbre Shri K. Pattabhi Jois «dépote». Il n’a en tout cas rien à voir avec l’ersatz d’aérobic qui est parfois vendu ailleurs et assume discrètement une facette spirituelle. À mille lieues de la performance et de la compétition donc. Et Céline Ghirardelli, une habituée, de résumer: «Avec Émilien et dans ce cadre, le yoga prend une autre dimension.» (Le Matin)

Créé: 23.08.2017, 14h00


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