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Nourriture Les Suisses gaspillent deux millions de tonnes par an

Jeter autant de nourriture à la poubelle, c'est inacceptable, selon le WWF. A l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, l'ONG lance donc une pétition pour réduire ce gaspillage de moitié d'ici 2025.

L'élimination de spécimens parfaitement comestibles mais esthétiquement imparfaits pose problème.

L'élimination de spécimens parfaitement comestibles mais esthétiquement imparfaits pose problème. Image: Keystone

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Par habitant, le gaspillage atteint près de 250 kg par année. En fait, un tiers des denrées alimentaires produites n'est jamais consommé, déplore mercredi l'organisation environnementale dans un communiqué.

Ce gâchis a de surcroît un coût financier: en moyenne, chaque foyer dilapide 500 à 1000 francs de denrées alimentaires. Un chiffre qui s'élève même à 2000 francs par an, selon les Verts et à 2,5 milliards de francs au total à l'échelle mondiale.

Le gaspillage ne concerne pas seulement les restes laissés dans l'assiette. Il apparaît souvent en amont, durant la phase de production ou de transformation. Ainsi en Suisse, «deux pommes de terre sur trois ne finissent pas dans nos assiettes», constate le WWF. Cela correspond à plus de 300'000 patates par an ou à 1,2 milliard d'assiettes de röstis, illustre-t-il.

Pour les autres denrées alimentaires, le bilan est tout aussi alarmant: le gaspillage est de 40% pour les légumes de garde, de 34% pour les légumes frais, de 43% pour le pain et de 19% pour la viande.

Concernant cette dernière, c'est au moment de l«abattage et de la transformation que les pertes sont les plus élevées (9%), note le WWF. Pour le pain (blé), les pertes ont surtout lieu dans les meuneries (13%).

Pour les légumes aussi, c'est dans la production que le gaspillage est le plus important. Celui-ci peut osciller entre 8% (pour la salade par exemple) et 32% (pour les pommes de terre).

Consommateurs responsables

«En la matière, c'est surtout l'élimination de spécimens parfaitement comestibles, mais esthétiquement imparfaits qui pose problème», critique l'organisation.

«C'est un luxe que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre», abonde la vice-présidente des Verts Adèle Thorens. «Et ce n'est pas qu«une question d'argent. Cette surproduction engloutit inutilement des ressources rares telles que l'eau, les éléments nutritifs, le sol ou l'énergie. Elle cause d'importants problèmes environnementaux et aggrave la pénurie alimentaire».

Il est donc d'autant plus déterminant que non seulement les consommateurs jettent moins de denrées alimentaires, mais aussi que l'ensemble de l'industrie agroalimentaire, des agriculteurs aux vendeurs, prenne ses responsabilités, tonne le WWF.

Manque de données

Contrairement à l'Allemagne, la France ou l'Autriche par exemple, la Suisse n'a établi aucun objectif pour enrayer cette gabegie alimentaire, regrette l'organisation. Elle manque même cruellement de données sur le sujet, assène l'ONG. Excepté pour les céréales panifiables, autrement dit le pain, les données relatives au gaspillage alimentaire par produit sont lacunaires.

Le WWF s'est basé en grande partie sur des études britanniques pour établir son rapport. Ses chiffres s'appuient sur ceux établis pour la Grande-Bretagne et ont ensuite été transposés à la Suisse.

«La situation des deux pays est comparable puisque les pertes y représentent environ un tiers de l'ensemble des denrées alimentaires disponibles; en outre, leur conjoncture économique et leur développement culturel sont semblables, ce qui a permis de baser l«étude sur un comportement de consommation similaire», explique l'ONG.

En vu de ce constat, «il serait essentiel de recenser de telles données pour la Suisse. Car nous ne pouvons lutter contre les pertes que si nous savons à quel stade elles ont lieu», conclut Jennifer Zimmermann, responsable consommation au WWF Suisse. (ats/nxp)

Créé: 15.10.2014, 09h18

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