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Votations cantonales Les écoliers genevois iront en classe le mercredi matin

Les élèves de la 5e à la 8e primaire (8 à 11 ans) iront à l'école le mercredi matin dès la rentrée 2014. Les organisateurs de manifestations seront eux, soumis à des conditions plus strictes.

Image: Keystone

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A Genève, les élèves de 8 à 11 ans n'auront plus congé le mercredi matin. Le peuple a très largement accepté dimanche d'augmenter le nombre d'heures d'enseignement, une réforme voulue par les autorités afin de répondre aux nouvelles exigences du Plan d'étude romand.

Cet allongement de l'horaire scolaire pour les élèves de la 5e à la 8e primaire a été plébiscité par 65% des votants avec un taux de participation de 53,8%. Ce résultat sonne la fin d'une exception genevoise, les écoliers du bout du lac étant les seuls à ne se rendre en classe que quatre jours par semaine.

Ce nouvel horaire, qui consiste à ajouter quatre périodes de 45 minutes le mercredi matin, permettra d'introduire l'anglais dès la 7e primaire, comme l'impose le Plan d'étude romand. En augmentant le nombre d'heures, le Conseil d'Etat compte aussi élever le niveau scolaire des élèves.

Il est prévu de créer 120 postes d'enseignants pour cette matinée en plus. Les plus petits, de la 1ère à la 4e primaire, continueront à profiter de leur mercredi de congé. Ils bénéficieront toutefois d'un renforcement pour la lecture et le soutien scolaire avec la création de 30 postes d'enseignants. Les coûts de la réforme s'élèvent à 20 millions de francs.

De la qualité

L'ajout du mercredi matin était combattu par les enseignants du primaire, emmenés par leur syndicat, la Société pédagogique de Genève (SPG). Ils ont lancé le référendum aux côtés de quelques associations de parents d'élèves et récolté plus de 18'000 signatures. Mais les autres syndicats, à l'exception du SSP, n'ont pas suivi la SPG.

Le principal argument des référendaires se fonde sur la qualité de l'enseignement plutôt que sur sa quantité. «Travailler plus pour apprendre plus est une illusion dangereuse», ont-ils asséné pendant la campagne. Ils ont aussi mis en garde contre la disparition prévisible de certaines activités extra-scolaires qui ont lieu le mercredi matin.

Pari gagné

Seuls le Mouvement Citoyens genevois et Solidarités soutenaient le référendum. Les autres partis se sont alignés derrière ce nouvel horaire scolaire initié par le chef du Département de l'instruction publique (DIP) Charles Beer. Le ministre socialiste, qui avait opté pour une modification législative ouvrant la voie au référendum plutôt qu'un arrêté, a ainsi réussi son pari.

Genève est passé à la semaine d'école de quatre jours en 1997 avec la suppression du samedi matin décrétée par le gouvernement. En 1982, une première tentative visant à supprimer le samedi matin avait échoué dans les urnes. Avant 1997, la semaine d'école se répartissait sur 4,5 jours sauf entre 1992 et 1997 (4,25 jours). Et avant 1949, les écoliers allaient 5 jours par semaine en classe.

Durcissement de la loi sur les manifs

Les organisateurs de manifestations seront soumis à des conditions plus strictes. Le peuple a accepté dimanche à une courte majorité de durcir la loi sur les manifestations afin de limiter les risques de débordements. Les opposants annoncent un recours au Tribunal fédéral.

La modification législative a été acceptée par 53,9% des voix contre 46,1%, avec un taux de participation de 53,8%. Ce durcissement de la loi était voulu par les libéraux suite aux dégâts causés au centre-ville de Genève par des casseurs lors d'une manifestation anti-OMC en novembre 2009.

Les nouvelles mesures exigent la désignation d'une personne de contact lors de l'organisation d'une manifestation et la mise en place d'un service d'ordre. La police peut aussi imposer un itinéraire en fonction des risques ainsi que procéder à des contrôles préventifs.

En cas de débordement, l'organisateur risque jusqu'à 100'000 francs d'amende. Il peut se voir aussi refuser toute nouvelle autorisation pendant un à cinq ans en cas de casse, même si ce n'est pas directement de sa faute. La gauche, ainsi que les syndicats et 36 organisations et associations ont dénoncé une loi liberticide qui étouffe la démocratie.

Elle met en péril la liberté d'expression, pourtant garantie dans la Constitution, estiment les référendaires. De plus, elle se trompe de cible en punissant les organisateurs plutôt que les casseurs. Le comité référendaire a confirmé dimanche qu'il ferait recours au Tribunal fédéral afin que les juges examinent la conformité de cette nouvelle loi avec le droit supérieur. (afp/nxp)

Créé: 11.03.2012, 12h21

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