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Suisse Les élèves vont sécher l'école pour le climat

Des milliers d'écoliers, apprentis et étudiants s'apprêtent à descendre dans la rue vendredi en Suisse pour une nouvelle «grève du climat».

Précédente manifestation des écoliers pour le climat à Genève, le 8 décembre dernier.

Précédente manifestation des écoliers pour le climat à Genève, le 8 décembre dernier. Image: Keystone

12'000 jeunes à Bruxelles

Une marche pour le climat a rassemblé jeudi 12'500 jeunes dans les rues de Bruxelles, selon la police locale, pour la deuxième édition d'une initiative lancée par des élèves en faveur d'une politique climatique plus ambitieuse

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Des milliers d'écoliers, apprentis et étudiants s'apprêtent à descendre dans la rue vendredi en Suisse pour une nouvelle «grève du climat». Les autorités scolaires de plusieurs cantons ont promis d'appliquer la tolérance zéro pour ceux qui manqueront les cours.

«Pas le temps d'aller à l'école, nous devons agir maintenant!», peut-on lire sur un tract pour le débrayage, prévu au gymnase français de Bienne, que s'est procuré Keystone-ATS. «Il n'y a aucune raison d'aller en cours tant que les preneurs de décision n'agissent pas», clame un communiqué diffusé par les initiateurs de ce mouvement qui se veut «autonome, horizontal» et non partisan.

Les revendications des protestataires? Des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d'ici 2030 et la proclamation d'un état d'urgence climatique national. Le débat entourant la loi sur le CO2 au parlement est jugé «embarrassant». «Alors que l'environnement qui nous entoure s'écroule, la Suisse préfère lâchement payer des quotas pour ne pas avoir à se soumettre à quelques règles simples de l'accord de Katowice (en Pologne, où a eu lieu la 24e Conférence de l'ONU sur le climat, ndlr)», est-il dénoncé sur le réseau social Facebook.

En Suisse romande aussi

Au total, des actions doivent se tenir dans une quinzaine de villes et plus de 6000 manifestants sont espérés. Alors que l'élan avait jusqu'ici touché les villes de Zurich, Bâle, Berne, Bienne et St-Gall, les jeunes devraient cette fois-ci également battre le pavé à Genève, Lausanne, Neuchâtel, Fribourg, Sion et dans le Jura, ainsi qu'à Lucerne, Zoug, Baden (AG), Aarau et Coire.

Les grévistes s'organisent par messagerie instantanée, conférences téléphoniques et via les réseaux sociaux. Une gymnasienne lausannoise a dit à Keystone-ATS qu'elle n'avait jamais vu autant de monde et d'émulation sur un groupe WhatsApp, cette application mobile permettant de communiquer par messages avec plusieurs personnes simultanément.

Tolérance zéro à St-Gall

Le fait que les cours soient impactés oblige les autorités scolaires à se positionner. Certains cantons goûtent peu à ce mouvement d'absence collective. Le Département de l'instruction publique de St-Gall, où deux grèves ont déjà eu lieu, s'est fendu d'un communiqué dans lequel il prévient qu'une «nouvelle participation à la grève ne sera pas tolérée» et sera considérée comme une absence injustifiée.

Cette mise en garde a suscité des réactions enflammées de certains partis. Les Jeunes Verts st-gallois se sont dits «stupéfaits» et ont déploré une «répression contre-productive». Le groupe PLR au parlement cantonal exige au contraire plus de fermeté à l'égard de ce qu'il considère comme une campagne politique orchestrée par des «organisations nationales», dont la Jeunesse socialiste et les Jeunes Verts.

L'approche st-galloise ressemble en fait à celle qui prévaut dans les autres cantons. De manière générale, les absences seront traitées comme lors d'une journée normale. Simon Thiriet, porte-parole du Département de l'éducation de Bâle-Ville, juge d'ailleurs, non sans ironie, qu'il est dans l'intérêt des grévistes que l'action ne soit pas légitimée. «Sinon ce ne serait plus une grève.»

Pas un motif d'absence valable

En Valais, le mot-clé est «tolérance zéro», selon Yves Fournier, inspecteur du secondaire II général. «Faire grève n'est pas accepté comme un motif d?absence valable», renchérit Marianne Meyer, conseillère scientifique à la Direction de l'instruction publique du canton de Fribourg.

Il reviendra, au final, aux établissements et aux enseignants de trancher. Dans le canton de Vaud, où aucun mot d'ordre n'a été donné, une élève a déclaré à Keystone-ATS qu'un professeur avait menacé de sanctionner de la note «1» ceux qui manqueraient une épreuve ce jour-là.

Rien de tel dans le Jura ou en terres neuchâteloises. Les absences pourront certes y être considérées comme injustifiées, mais sans sanctions.

Activités citoyennes à Genève

Dans le canton de Genève, aucune absence ne sera tolérée le matin. En revanche, des activités citoyennes pourront être organisées par les enseignants autour de la thématique du climat, selon des consignes adressées aux écoles par le Département de l'instruction publique.

L'après-midi, les élèves mineurs désirant participer à la manifestation devront être excusés par leurs parents et seront sous leur responsabilité durant la grève. En cas d'épreuve planifiée de longue date vendredi après-midi, la présence des élèves restera obligatoire.

Mouvement venu de Suède

Des «grèves du climat» sont aussi prévues cette semaine en Allemagne et en Belgique. Le mouvement est parti d'une militante suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, qui a d'ailleurs annoncé sa venue au Forum économique mondial (WEF) de Davos. En Suisse, la toute première grève a eu lieu le 14 décembre à Zurich. Nachricht per e-mail senden (ats/nxp)

Créé: 17.01.2019, 10h21

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