Lundi 10 décembre 2018 | Dernière mise à jour 00:24

Suisse Les profs d'allemand et de français se font rares

Les langues nationales n'ont pas la quote auprès des jeunes.

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Photo d'illustration. Image: Keystone

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Conséquence: ils ne les étudient pas à l'université; et les enseignants formés pour l'allemand ou le français manquent ensuite aux gymnases en Suisse romande, comme en Suisse alémanique.

Certains gymnases en Suisse romande trouvent difficilement un enseignant pour l'allemand, explique Marc König, président de la Conférence des directeurs de gymnases suisses. Les départements en charge de la formation ne veulent pas parler de pénurie pour autant.

«Il n'est pas plus difficile de trouver des enseignants d'allemand que pour les autres branches» pour le secondaire 2, poursuit Claude Vetterli, directeur général adjoint du département de la formation, de la jeunesse et de la culture du canton de Vaud.

A Fribourg, il est même plus difficile de repourvoir les postes des branches scientifiques, révèle Marianne Meyer Genilloud, de la Direction de l'instruction publique. Il est vrai que la situation est tendue dans le domaine des langues étrangères dans le canton, retient Mme Meyer Genilloud. Mais, un enseignant d'espagnol de langue maternelle allemande est en mesure d'assurer un cours d'allemand.

Et en faisant appel à des étudiants ou à des stagiaires, les postes proposés ont trouvé preneur. Pas besoin de recruter en Allemagne ou en Autriche.

«Pas cool» et «difficile»

En cause, «sans doute l'impression que les études de langue et de littérature allemande sont difficiles», estime Dominique Bruxelle, cheffe des ressources humaines au Département de l'instruction public genevois. Les Romands n'aiment pas l'allemand, ils préfèrent apprendre l'anglais.

Mais le contraire est aussi vrai: du côté alémanique, le français passe pour une langue «pas cool», difficile et sélective. D'ailleurs, de moins en moins d'étudiants choisissent le français comme branche universitaire, ce qui engendre un manque de diplômés, confirme M. König.

A l'Université de Zurich, 179 personnes étudient le français comme branche principale. C'est 20% de moins qu'en 2010. La diminution est encore plus marquée en branche secondaire. L'université n'a pas repourvu une des deux chaires de littérature française moderne.

Christophe Zimmerli, président de l'association des professeurs de français, n'a pas connaissance de problèmes pour recruter du personnel enseignant le français en Suisse alémanique. Mais la discussion incessante sur la légitimité de l'enseignement du français à l'école obligatoire n'est pas propice à la branche, estime-t-il.

Solution dans l'échange

Seule une faible majorité de jeunes pense qu'apprendre la langue de l'autre aide à mieux comprendre la Suisse. «Il faut leur expliquer que la Suisse n'aurait pas cette stabilité politique, ce succès économique sans cette connaissance réciproque des cultures», d'après M. Zimmerli.

Marc König, recteur de l'école cantonale am Burggraben de Saint-Gall, plaide pour des échanges linguistiques pour tous les gymnasiens. «C'est plus qu'une école de langue: un échange linguistique, c'est une école de la vie. Il influence notre attitude envers une langue et les personnes qui parlent cette langue.»

Depuis six ans, les élèves de l'école cantonale et du Lycée-Collège des Creusets à Sion échangent leur place durant plusieurs semaines. C'est une chance pour tous les élèves qui côtoient le nouvel arrivant de l'autre langue, estime M. König.

Ces séjours linguistiques seront même obligatoires pour les élèves de première année dès la rentrée scolaire 2016/2017, souligne le recteur saint-gallois. Ils passeront au minimum deux semaines dans un environnement francophone: école de langue, travail, camps musicaux ou sportifs, le choix est vaste.

Il faut éveiller leur envie d'apprendre les langues nationales. L'enseignement du français et de l'allemand doit devenir plus attrayant pour les élèves. Le métier d'enseignant d'allemand et de français le sera aussi. (ats/nxp)

Créé: 18.07.2016, 12h17

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