Mardi 20 novembre 2018 | Dernière mise à jour 19:01

Votations «Moins d'avocats, mais plus de produits suisses de qualité»

À un mois de la votation sur l'initiative «Fair-Food», «Le Matin» tend le micro à une famille de paysans en reconversion bio.

Vidéo: Laura Juliano / Le Matin

Bio Suisse en chiffres

Fin 2017, le label comptait 6'423 entre-prises agricoles de Suisse et du Liechtenstein

C'est 279 de plus que l'année précédente.

La surface agricole utile cultivée en bio a atteint une proportion record de 14,4 %.

Les denrées alimentaires bio ont permis de réaliser un chiffre d'affaires de plus de 2,7 millions de francs.

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Fini les vaches à lait, place au quinoa bio! Depuis janvier, Stéphane Challandes, agriculteur à Fontainemelon (NE) a entamé une reconversion. Dans deux ans, il sera officiellement certifié par le label Bourgeon de Bio Suisse.

Pour la famille Challandes, ce nouveau virage est le fruit d'une mûre réflexion. «Il y a du travail en plus, c'est sûr, mais on est bien accompagnés et c'est très gratifiant», s'enthousiasme Anne Challandes.

La paysanne espère beaucoup de l'initiative pour des aliments équitables, aussi nommée «Fair-Food», qui sera soumise à votation le 23 septembre prochain. «Aujourd'hui, la durabilité est une notion à côté de laquelle on ne peut pas passer, souligne-t-elle. Cet été nous montre qu'il y a des conditions environnementales à prendre en compte et qu'il faut agir en conséquences.»

Le choix, à quel prix?

Parmi les arguments du Conseil fédéral qui s'oppose à l'initiative: la limitation du choix des aliments. «Mais quand on voit dans quelles conditions sociales et environnementales les avocats sont cultivés, par exemple, ça ne me dérange pas qu'il y en ait moins ou pas dans nos rayons, souligne la paysanne. Cette initiative favorise non seulement l'agriculture suisse, mais assure une importation de denrées alimentaires de qualité et obtenues dans des conditions acceptables.»

Quant au scénario d'une flambée des prix, elle s'en remet aux résultats d'une étude de la Fédération Romande des Consommateurs qui démontre que les dépenses pourraient être amorties en adaptant les quantités à ses besoins et en limitant le gaspillage alimentaire.

«Chaque achat est un vote»

Alors si l’initiative est acceptée, qu'est-ce que cela changerait pour nos paysans? «Les agriculteurs, mais aussi les transformateurs et le commerce, obtiendront de meilleures conditions-cadres pour produire des denrées alimentaires plus durables, affirme Martin Bossard, porte-parole de Bio Suisse. La production régionale sera encouragée, les distances de transports et les transports aériens diminueront, la transparence sera améliorée.»

Qu'elle soit acceptée ou non, cette initiative reste pour la Neuchâteloise une manière de lancer un signal fort au Conseil fédéral. «La votation aura lieu le 23 septembre, mais elle s'effectue tous les jours par nos achats, lorsqu'on préfère des aliments locaux, de saison, régionaux, de qualité.»

«Le Matin» avait rencontré Stéphane Challandes, il y a quatre ans, lorsque le Conseil fédéral souhaitait ouvrir le marché du lait dans l'Union Européenne.

(Le Matin)

Créé: 30.08.2018, 17h33

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