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Coronavirus Pâques: les chocolatiers n'ont pas la tête à la fête

Les groupes chocolatiers essaient pour certains d'élargir leurs activités sur Internet, ne serait-ce que pour survivre.

Les lapins pourraient bien avoir un goût amer cette année pour de nombreux chocolatiers.

Les lapins pourraient bien avoir un goût amer cette année pour de nombreux chocolatiers. Image: Keystone

Craintes sur les prix des matières premières

Les matières premières sont une des préoccupations des fabricants suisses de chocolat. Pour Läderach, «l'approvisionnement en matières premières, notamment en emballages, est certainement plus difficile en ce moment.»

Camille Bloch assure disposer d'assez «de stocks de matières premières si les frontières devaient complètement fermer. L'approvisionnement des matières premières reste quand même une de nos préoccupations», selon sa responsable communication.

Chocolats Halba affirme de son côté que les matières premières sont suffisantes et qu'il n'y a pas de goulet d'étranglement. Pour ceux qui ont pu anticiper, la situation est aussi apaisée.

A la Chocolaterie Alexandre, «pour l'instant, les stocks sont assurés et nous avons eu la chance d'être livré en pistaches en février, qui est la matière première la plus compliquée à obtenir pour nous».

Mais «les coûts vont probablement augmenter suite à cette pandémie», selon le chocolatier Paul Alexandre. C'est aussi l'avis de la Société vaudoise et romande des patrons pâtissiers-confiseurs, chocolatiers, glaciers. Ses membres «pensent que les prix vont augmenter par la suite».

«Dans les pays producteurs de cacao (Côte d'Ivoire, Ghana), si la récolte est réduite à cause du coronavirus, cela pourrait entraîner une hausse des prix», a abondé Confiserie Bachmann.

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A l'approche de Pâques, les fabricants de chocolat tentent de s'adapter en pleine pandémie de coronavirus, entre arrêts de la production, fermetures des magasins et ventes en ligne encore modestes. Il s'agit de la deuxième plus grosse période après Noël, mais cette année, les ventes risquent d'être en baisse.

Plusieurs fabricants ont dû arrêter la production destinée aux douceurs de Pâques. Confiserie Bachmann, à Lucerne, qui avait commencé l'assortiment dès février, a dû s'y résoudre. «Nous pouvions difficilement respecter les règles de distance», a expliqué à AWP Matthias Bachmann, le directeur général. Il se félicite d'avoir lancé un site de vente en ligne il y a deux mois. «Cela nous aide naturellement beaucoup».

Läderach a aussi dû stopper la production et «reporter des projets». L'entreprise glaronaise a également fermé ses boutiques, reportant les ventes vers le site internet, qui connaît «un volume élevé des commandes». Seule une partie de l'assortiment y est disponible et des rabais y sont pratiqués «jusqu'à épuisement des stocks».

Une attente crispante

Lindt & Sprüngli a pu livrer ses produits avant le début de la pandémie. Mais il s'attend à un impact sur les ventes en Suisse en raison «de la fermeture des boutiques propres, de l'absence de touristes et des magasins de détail partiellement fermés», a indiqué une porte-parole.

Chocolats Halba, qui fait partie du géant Coop, avait déjà terminé la production de Pâques «avant que la crise du coronavirus éclate». Les ventes semblent similaires aux autres années. Une tendance confirmée par la maison-mère, qui a aussi remarqué un essor des ventes de chocolat de Pâques sur son site coop@home.

Du côté de chez Migros, il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions, les achats d'oeufs et de lapins se faisant en général au dernier moment.

Légère baisse des ventes attendue

Chez Camille Bloch, fabricant du Jura bernois aux 210 employés, Pâques représente approximativement 5% du chiffre d'affaires. «Nous avons déjà livré nos clients comme Denner, Migros ou Coop etc. Les magasins ont leurs stocks, mais c'est vrai qu'ils voient moins de clients. Les fêtes de Pâques seront aussi en petit comité. On s'attend donc à une légère baisse des ventes», a fait savoir la responsable de la communication.

Le centre visiteurs à Courtelary, avec un magasin et un bistrot, ont dû fermer leurs portes, alors qu'ils «sont assez importants en termes de chiffre d'affaires à Pâques». Même si l'offre de produits a été élargie sur le site de vente en ligne, «cela ne va pas pouvoir compenser ce que l'on ferait normalement en cette période dans le centre.»

Pour les petits indépendants, la situation est loin d'être simple. La Société vaudoise et romande des patrons pâtissiers-confiseurs, chocolatiers, glaciers compte une vingtaine de membres. «Beaucoup qui ont un salon de thé ont dû fermer. Pour eux, ça représente une grosse perte de chiffre d'affaires, entre 50 et 80%.»

Une suite incertaine

A Nyon, la Chocolaterie Alexandre, où Pâques représente environ 15% des ventes, reste ouverte. Mais la fréquentation et les ventes ont chuté d'environ 60% par rapport aux autres années, selon le patron Alexandre Paul. Il s'est mis aux livraisons à domicile qui «représentent un peu plus d'une dizaine de livraisons par semaine, en légère augmentation à l'approche de Pâques».

Un chocolatier, qui n'a pas souhaité donner son nom, a obtenu du canton de Berne l'autorisation de rester ouvert. Mais il y a nettement moins de clients, a-t-il constaté auprès d'AWP. «Si la situation se prolonge encore, on peut survivre, mais tout va dépendre de la durée».

La suite reste incertaine pour les acteurs de la filière. Matthias Bachmann assure que le chômage partiel ainsi que les aides fédérales aident énormément. «Mais même celles-ci sont limitées et on doit faire attention car on doit les rembourser à la fin». Les loyers représentent une grande partie des coûts fixes. «A moyen et long terme, ils seront trop élevés si nous ne faisons plus de chiffre». (ats/nxp)

Créé: 07.04.2020, 14h14

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