Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 15:06

Terrorisme «Presque plus personne ne rallie l'EI depuis la Suisse»

L'organisation terroriste a perdu en éclat et l'intensification des contrôles fait ses preuves, assure le directeur du service de renseignement Markus Seiler.

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La progression du groupe Etat islamique

La progression du groupe Etat islamique La fulgurante progression des djihadistes sunnites du groupe Etat islamique (EI) met en péril la sécurité de toute la région.

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Les aspirants suisses au djihad sont beaucoup moins nombreux à tenter de rejoindre l'Etat islamique (EI).

Depuis six mois, presque plus personne ne tente de rallier l'EI depuis la Suisse, précise Markus Seiler dans une interview aux journaux alémaniques Landbote et Berner Zeitung parue samedi. Les contrôles, qui ont été renforcés, rendent aujourd'hui plus difficile le voyage vers les régions de crise, poursuit-il.

«L'EI a bien perdu en éclat, mais nous ne constatons pas non plus de retours au pays pour autant», selon le chef du service de renseignement (SRC). Ce dernier demeure toutefois attentif à l'éventuelle arrivée de suspects, souligne-t-il.

D'après Markus Seiler, le SRC dénombre toujours 77 personnes ayant quitté la Suisse pour les zones de conflit au Moyen-Orient avec comme motif le djihad. Une vingtaine d'entre elles ont perdu la vie, dont 14 décès confirmés.

Une poignée par an

Markus Seiler ne sous-estime pas le risque de trouver des djihadistes parmi les réfugiés accueillis en Suisse. Les terroristes ne s'infiltrent habituellement pas de cette manière, mais il peut toujours y avoir des exceptions. Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a fourni des milliers de noms au SRC, qui a procédé à des contrôles.

Le SRC recommande de rejeter en moyenne une poignée de demandes d'asile par année. Il peut cependant aussi s'agir de criminels de guerre ou de membres d'organisations criminelles. Au total, environ 400 personnes sont dans le radar du service de renseignement.

On ne peut pas mettre en place une surveillance généralisée, fait valoir Markus Seiler. La surveillance des djihadistes qui sortent de prison et risquent de continuer à se radicaliser fait déjà exploser les capacités du SRC.

Pas de Big Brother

L'acceptation de la nouvelle loi sur le renseignement fin septembre ne va pas non plus donner lieu à une surveillance de masse des données, comme l'a fait la National Security Agency (NSA) aux Etats-Unis, selon le chef du SRC. Deux tiers de la population ont prouvé qu'ils ne ressentaient pas cette crainte. Car l'existence d'un soupçon initial doit être préalable à toute surveillance.

Markus Seiler se dit en outre favorable à ce que le SRC, afin de soigner le lien de confiance avec les citoyens, communique régulièrement le nombre de surveillances qui ont été autorisées. Ce ne serait toutefois en réalité sans doute pas directement à son service de le faire, mais plutôt à l'un des organismes de contrôle. (ats/nxp)

Créé: 15.10.2016, 13h02

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