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Coronavirus Pression inédite sur le marché du travail suisse

En tout, 29% de tous les employés en Suisse ont fait une demande de chômage partiel et la tendance est à la hausse.

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La Suisse face au coronavirus

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Appel à revenir en arrière

Une large coalition d'organisation d'employés demande mardi au Conseil fédéral de revenir sur sa décision de suspendre les dispositions de la loi sur le travail concernant les temps de travail et de repos au sein des services hospitaliers concernés par le covid-19. Elle formule une contre-proposition.

Les organisations et associations rappellent «que les temps de travail et de repos prévus par la loi sont déjà, et de longue date, insuffisamment respectés. Légitimer cette pratique dans la situation actuelle, c'est de la part du Conseil fédéral envoyer un très mauvais signal», écrivent mardi les organisations signataires.

L'Union syndicale suisse (USS), le Syndicat des services publics (SSP), l'Association suisse des médecins assistants et chefs de clinique (asmac), l'Association suisse des infirmiers et infirmières (ASI), Travail.Suisse et le syndicat Syna, «ne peuvent pas accepter la suspension brutale des règles concernant les temps de travail et de repos».

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Le blocage en Suisse met le marché du travail sous une pression sans précédent. Même la grande crise financière de 2008/2009 et ses conséquences ne sont pas comparables, a expliqué Boris Zürcher, le directeur général du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), lors d'une conférence téléphonique mardi.

Il s'exprimait alors que le repli du taux de chômage en Suisse n'a été que de courte durée. Il a bondi à 2,9% en mars, tandis que suite à quatre mois de hausse, il avait enregistré un recul en février à 2,5%, a annoncé le Seco.

Un tiers des employés suisses en RHT

En tout, 29% de tous les employés en Suisse ont fait une demande de chômage partiel et la tendance est à la hausse: selon Boris Zürcher, dans le pire des cas, des demandes pourraient être reçues à hauteur de 50% au maximum de tous les employés. «Mais il faut comprendre que toutes les demandes ne seront pas payées automatiquement», a t-il précisé.

Il se veut néanmoins confiant, car l'AVS offre une certaine sécurité financière. Travail Suisse, l'organisation faîtière indépendante des salariés, appelle les employeurs à s'abstenir de procéder à des licenciements prématurés afin de ne pas aggraver inutilement la crise.

La Suisse mieux parée que ses voisins

Dans une étude, Raiffeisen explique que le chômage à temps partiel permet de prévenir les licenciements massifs en temps de crise. Un outil qui a fait ses preuves de manière impressionnante au cours la crise financière il y a une douzaine d'années.

À l'époque, 92'000 employés ont demandé à bénéficier d'un chômage partiel en Suisse pour faire face à l'effondrement de la demande. Cela a considérablement ralenti et réduit la hausse du chômage qui s'en est suivie, et qui a atteint un pic de 64'000 personnes «seulement».

Mais avec la fermeture totale du pays, «nous jouons dans une toute autre ligue», remarque Raiffeisen. Pourtant par comparaison européenne, la Suisse devrait encore s'en tirer relativement bien.

Tampon pour l'emploi

En effet, la part des travailleurs intérimaires, qui représentent un tampon pour l'emploi, et la part des secteurs des services, particulièrement touchés, est en Suisse inférieure à la moyenne. Par contre, les perspectives pour les pays du sud de l'Europe sont nettement plus pessimistes vu l'importance majeure du tourisme. C'est aussi le cas de l'Autriche, où les hôtels resteront fermés au moins jusqu'à la mi-mai. A noter que le taux de chômage en Suisse est le plus élevé depuis février 2018.

Quelque 135'624 personnes étaient sans emploi fin mars, soit 17'802 de plus que le mois précédent, selon le communiqué du Seco. Les premiers effets de la crise économique liée au coronavirus se sont fait clairement ressentir.

Jeunes touchés

Les économistes sollicités par AWP avaient vu juste, puisqu'ils tablaient sur un taux entre 2,8% et 3,0% pendant la période sous revue. Les jeunes (15-24 ans) ont été particulièrement touchés avec un taux de chômage qui est passé de 2,3% à 2,8%, alors que chez les seniors (50-64 ans) la hausse a été plus modeste, grimpant de 2,5% à 2,7%.

Au total, ce sont donc 14'556 jeunes qui se sont retrouvés sans emploi fin mars, soit 2336 de plus qu'en février, ce qui correspond à un envol de 20,1%. A titre de comparaison, les seniors sont désormais 36'755 à rechercher un emploi, soit 10,0% de plus qu'en février. A noter que 3,2% des personnes âgées de 25 à 49 ans sont affectées par le chômage en mars, contre 2,7% au mois de février.

Romandie et Tessin durement frappés

La Suisse romande et le Tessin sont les régions linguistiques les plus frappées par les dernières évolutions, avec un taux de chômage qui a pris l'ascenseur, se hissant de 3,5% à 4%. La Suisse alémanique est un peu plus épargnée, le taux de chômage atteignant 2,5% (contre 2,1% en février).

Dans l'ensemble, les demandeurs d'emplois sont aujourd'hui 213'897, ce qui représente une appréciation de 12,3% par rapport à février. Le nombre de places vacantes a par contre accusé une chute de 17,5% dans la période sous revue à 31'472, soit 6679 d'emplois en moins que le mois précédent.

Phénomène exceptionnel, le chômage partiel a fortement augmenté en janvier 2020 avec 13,4% de hausse et concerne 3717 personnes au total. Les entreprises ayant recours à de telles mesures sont en hausse de 17,1%. A ce jour, 131'000 sociétés ont déposé une demande de chômage partiel pour 1,45 million de salariés. Fin janvier, 2905 personnes en tout ont épuisé leurs droits aux prestations de l'assurance-chômage. (ats/nxp)

Créé: 07.04.2020, 15h39

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