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Tessin Prof tuée: «Je voulais seulement la faire taire»

Un homme a admis avoir tué sa belle-sœur en 2016 à Stabio. Au cœur du procès, une affaire d'héritage.

L'affaire avait fait beaucoup de bruit au Tessin à cause de la brutalité du geste.

L'affaire avait fait beaucoup de bruit au Tessin à cause de la brutalité du geste. Image: Keystone

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Au premier jour de son procès mardi à Lugano, le meurtrier d'une maîtresse d'école enfantine tuée le 14 octobre 2016 à Stabio (TI) est resté impassible. L'homme qui a reconnu avoir étranglé sa belle-sœur est accusé d'assassinat et d'atteinte à la paix des morts, entre autres délits.

Arrêté 48 heures après son crime à son passage de la douane italo-suisse, il est depuis incarcéré au pénitencier La Stampa de Lugano. Cet informaticien de 43 ans, ex-collaborateur scientifique de l'Ecole universitaire professionnelle de la Suisse italienne (SUPSI), a répondu sans aucune émotion aux questions du président de la Cour d'assises de Mendrisio qui siège à Lugano.

Salle bondée

Devant une salle d'audiences bondée - le meurtre avait fait grand bruit au Tessin - ce père d'une fillette de six ans, en instance de divorce (son épouse est la soeur de la victime) a raconté froidement ce qui s'était passé au soir du 14 octobre 2016.

L'inculpé qui éprouvait un sentiment morbide pour sa belle-sœur de 35 ans, s'était arrêté au domicile de la victime à Stabio près de la frontière italienne. Il voulait parler avec elle d'un différend à propos du rachat par sa belle-sœur de sa part de la maison familiale.

«Pour la faire taire»

L'accusé a expliqué que sa belle-soeur s'opposait fermement à une évaluation de la demeure commune qu'elle estimait trop élevée. Il voulait la raisonner mais, selon lui, son interlocutrice se serait mise à hurler. Pour la faire taire, l'accusé s'est emparé d'une bouteille vide et sa belle-soeur s'étant retournée, il l'a violemment frappée sur la nuque.

Le prévenu affirme avoir ensuite totalement perdu les pédales. Au lieu de secourir la jeune femme, blessée mais consciente, il l'étrangle avec une écharpe: «Je ne comprenais plus rien, je ne voulais pas la tuer mais seulement la faire taire». Une déclaration qui a fait bondir le président de la Cour qui a rappelé au prévenu qu'il contredisait ses précédents interrogatoires.

Corps abandonné

Après s'être assuré de la mort de sa belle-sœur, l'homme a transporté le corps de l'autre côté de la frontière, l'abandonnant à proximité d'un sentier en forêt. Il a ensuite rejoint son épouse et sa belle-mère dans un restaurant de la région. S'étant emparé du téléphone de la victime, il a simulé une absence volontaire de cette dernière par le biais de messages envoyés à l'entourage de la jeune femme.

Le cadavre de sa victime a été retrouvé le lendemain par une cavalière qui parcourait le sentier. Grâce à la collaboration des autorités italiennes, le prévenu a été arrêté deux jours plus tard alors qu'il rentrait d'Italie. Il a rapidement avoué.

L'homme qui a admis mardi qu'il entretenait des relations sexuelles virtuelles et pratiquait l'auto-érotisme est en outre accusé d'avoir puisé près de 300'000 francs dans les caisses de l'Ecole universitaire où il travaillait. Il doit aussi répondre d'escroquerie pour une fausse récolte de fonds. Le verdict devrait tomber vendredi.

(ats/nxp)

Créé: 15.05.2018, 18h26

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