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Revue de presse Soutien après la perquisition chez un journaliste du «Matin»

L'action de la justice contre Ludovic Rocchi dans l'affaire du plagiat de l'Uni de Neuchâtel suscite un mouvement de solidarité et de révolte dans les médias suisses de tous bords.

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L'affaire a fait l'effet d'une bombe. Le domicile du journaliste du «Matin» Ludovic Rocchi a été perquisitionné mardi à l'aube par la police dans l'affaire du plagiat de l'Uni de Neuchâtel. Dès la nouvelle connue, cette manière de procéder a été condamnée et dénoncée par la profession, les éditeurs et les syndicats. Un élan de solidarité s'est créé autour de celui qui a obtenu le Prix Dumur en 2010 pour le sérieux de son travail. Les médias s'en font l'écho dans leurs éditions du jour.

Dans son édito, le rédacteur en chef de «24 Heures» estime que «Neuchâtel nous habitue au pire». Pour lui, la perquisition chez l'enquêteur «foule aux pieds la liberté de la presse et la protection des sources» et qu'elle est injustifiée. Il voit plutôt« dans cette opération commando d'un ridicule achevé l'espoir d'une intimidation envers un journaliste qui a sorti pas mal d'affaires dans son canton d'origine». Thierry Meyer conclut en estimant que cette affaire «porte atteinte à un principe de notre démocratie».

«Le Courrier» et «La Liberté» rapportent notamment que les syndicats des journalistes Impressum et Syndicom dénoncent «des procédés disproportionnés». Et de poursuivre en développant que «le secret rédactionnel est la pierre angulaire de la liberté des médias comme l'a rappelé la Cour européenne des droits de l'homme».

«Le Temps» souligne le sentiment de stupéfaction qui prévaut dans la presse romande. Et parmi les avocats familiers du droit des médias. L'un d'eux cité par le journal estime que «la justification de la perquisition par la violation du secret de fonction n'est pas convaincante».

«L'Express» et «L'Impartial» soulignent le tollé que cette perquisition a suscité. Les journaux jurassiens rappellent aussi que l'Université a ouvert une enquête préliminaire sur les agissements de l'universitaire incriminé «dont les conclusions globalement favorables au professeur ont été vivement critiquées par des proches du dossier.»

Pour «Le Nouvelliste», la justice neuchâteloise est «montrée du doigt». Le quotidien valaisan relaie la vive réaction de Thérèse Obrecht, présidente de Reporters sans frontières Suisse: «C'est absolument choquant. Une fois de plus, on tire sur le messager.» «20 Minutes», la «RTS» ont aussi rapporté l'incident.

En Suisse alémanique, la «Neue Zürcher Zeitung», le «Tages Anzeiger» ou encore «20 Minuten» se font l'écho de cet acte rarissime. En France, «Le Figaro» a repris l'information.

Les réseaux sociaux se sont également emparés de la fouille au domicile de Ludovic Rocchi. Même l'ancien journaliste de la RTS, Pascal Décaillet, qui ne porte pourtant pas «Le Matin» dans son cœur y va de son coup de gueule: «Aucun journaliste actif en Suisse ne peut accepter ce qui vient de se passer chez mon confrère. Cette descente de police à son domicile est proprement hallucinante.» Des politiciens comme le conseiller national genevois Luc Barthassat, l'avocat Stéphane Fanti lui apportent également leur soutien.

Créé: 14.08.2013, 12h42

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