Mardi 13 novembre 2018 | Dernière mise à jour 16:57

Neuchâtel Trompettiste amendé pour avoir joué fenêtre ouverte

Un jeune musicien qui faisait ses gammes dans la villa familiale a été dénoncé par un voisin, dérangé par le bruit.

Image: Christian Bonzon

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Souffler dans sa trompette, c’est une vieille habitude pour Pascal Perrenoud, 20 ans, qui joue depuis l’âge de 8 ans. Fanfariste, son père a initié ses trois fils au cornet, si bien que la maison familiale est musicale. Sauf que, par une chaude journée d’été, store baissé mais fenêtre ouverte, la trompette a exaspéré un couple du voisinage. «Je dois fermer ma fenêtre parce qu’il ne ferme pas la sienne», déplore le dénonciateur, violoniste amateur, qui n’a pas contacté le trompettiste.

Jeudi dernier, le musicien a reçu une amende de 100 francs. Motif: «Bruit excessif», entre 6h et 22h, en infraction du règlement de police communal. «Il est interdit d’incommoder les voisins par l’emploi d’appareils diffuseurs de son ou d’instruments de musique», stipule le règlement. La description des faits tient en deux phrases: «L’intéressé a incommodé le voisinage en jouant de la trompette dans sa maison avec les fenêtres ouvertes, contrevenant ainsi à l’art. 50 de la commune de Milvignes (NE). Il a déclaré qu’il n’était pas disposé à utiliser une sourdine ou un autre moyen pour réduire le bruit.»

«La culture est réprimée en Suisse, c’est ça?» réagit le jeune homme. Son indignation, l’étudiant en préprofessionnel l’a partagée avec les musiciens du Conservatoire de Neuchâtel, lui qui est admis à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, en jazz. Remonté contre une commune «qui n’aime pas la culture», Pascal Perrenoud précise qu’il travaille son instrument entre 8h et 17h. «Mon CFC achevé l’été dernier, je dévoue tout mon temps au travail de mon instrument.»

«Règlement mal interprété»

Le directeur du conservatoire de musique, Sylvain Jaccard, lui a prêté une oreille attentive: «J’ai immédiatement alerté le conseiller communal chargé de la culture.» Ce dernier est lui-même joueur de flûte, de violoncelle et de piano, qui n’incommode pas ses voisins: «Le règlement de police a été mal interprété: il devra être modifié», estime ainsi Janick Bussy, qui s'est à son tour adressée à sa collègue chargée de la police, Marlène Lanthemann.

L’opinion du Conseil communal est que le trompettiste ne devrait pas payer l’amende: si la police cantonale ne la biffe pas, la commune envisage de la payer. «Tout va bien: les musiciens vont pouvoir continuer à exercer leur art en journée!» conclut Sylvain Jaccard. (Le Matin)

Créé: 02.07.2018, 17h54

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