Lundi 25 mars 2019 | Dernière mise à jour 15:17

Suisse Un hooligan de 24 ans condamné à la prison ferme

Un supporter qui avait utilisé des engins pyrotechniques lors d'un match en 2016 devra passer par la case prison.

C'est la première fois en Suisse que le Tribunal pénal fédéral est saisi dans une telle affaire. (Photo d'illustration)
Vidéo: Keystone

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Un Appenzellois de 24 ans a été condamné mercredi à trois ans de prison, dont la moitié ferme, pour avoir jeté des engins pyrotechniques, blessant un spectateur d'un match de football à Lucerne en février 2016. Le Tribunal pénal fédéral (TPF) prononce une telle peine pour la première fois. L'accusé fera très vraisemblablement recours.

Le tribunal a fixé la durée du sursis à trois ans. Il a également condamné l'accusé à une peine pécuniaire de 180 jours-amende à 50 francs la journée, ainsi qu'à une amende de 700 francs. Il devra en outre verser 12'000 francs de dommages-intérêts au spectateur blessé qui en réclamait cinq fois plus.

L'avocate de ce fan de St-Gall, Manuela Schiller, avait plaidé la relaxe, estimant que son client avait pris ses précautions avant de jeter ses fumigènes et autres fusées. Les juges de Bellinzone ont plutôt suivi le Ministère public de la Confédération, qui a requis mardi une peine de quatre ans de prison ferme.

Le procureur a nié durant le procès qu'il s'agissait d'un «jugement pilote». Il espère néanmoins qu'il aura un effet de signal auprès des fans de football pour les rencontres à venir.

Deux sur quatre

En lançant ses fusées, le jeune homme avait accepté que des personnes puissent être blessées, et que des dommages surviennent aux installations et à la pelouse. Un spectateur de près de 50 ans, qui suivait le match dans le secteur contigu, avait été blessé durablement par cet acte. Ayant subi une importante perte d'audition, il avait été opéré. Mardi, l'homme a indiqué souffrir encore de flash-back.

Les juges de Bellinzone n'ont retenu comme explosifs que deux des quatre engins pyrotechniques que l'Appenzellois a jetés sur la pelouse. L'Appenzellois s'est ainsi rendu coupable d'emploi multiple d'explosifs et de gaz toxique avec dessein délictueux, de lésions corporelles graves, de dommages à la propriété multiples commis à l'occasion d'un attroupement formé en public ainsi que d'infractions réitérées à la loi sur les explosifs.

«Emotionnel et peu juridique»

L'avocate de l'accusé n'a admis que des dommages à la pelouse à hauteur de 800 francs. Annonçant à l'ats qu'elle allait très vraisemblablement recourir au Tribunal fédéral, Manuela Schiller a estimé que sur les deux points principaux, l'argumentaire du tribunal est «très émotionnel et peu juridique».

Elle s'est en revanche réjouie que le TPF fasse la nuance entre deux sortes d'engins pyrotechniques, les uns de l'ordre des pétards et les autres du genre fumigène. Ces derniers ne tombent pas sous le coup de la loi sur l'usage d'explosifs. Autrement «tout ce qu'on lance sur un terrain de football va bientôt relever de cette loi», a-t-elle ajouté, non sans préciser qu'elle ne soutenait en rien le jet de fumigène sur les pelouses.

100 kg de matériel à la maison

De son côté, le Ministère public de la Confédération (MPC) se dit satisfait du jugement, qui se rapproche de son réquisitoire. Mardi, le procureur avait affirmé que le comportement de l'accusé est tout autre que celui décrit par son défenseur.

Le caractérisant de sournois, il a relevé toute la peine qu'il a prise avec ses complices - des ultras - pour introduire les engins pyrotechniques dans le stade. Il n'a en outre jamais voulu s'exprimer sur ses complices.

Le représentant du MPC ne croit pas aux précautions qu'aurait prises l'intéressé avant de jeter ses fusées: vu l'agitation qui règne dans les rangs des fans et les drapeaux qui s'agitent, il lui était impossible de s'assurer que personne ne serait victime de son jet.

L'accusé avait par ailleurs déjà été averti pour son comportement lors d'un autre match, cinq mois avant les faits. De plus, durant l'enquête pénale, il est apparu que la police avait saisi environ 100 kg de matériel divers à son domicile. Mais pour le défenseur du hooligan, la seule détention de tels engins n'est pas répréhensible. (ats/nxp)

Créé: 09.08.2017, 11h52

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