Samedi 15 décembre 2018 | Dernière mise à jour 00:05

Exploit Un huitième 8000 pour Sophie Lavaud!

L’himalayiste a réussi l’ascension du K2 le 21 juillet dernier. La Genevoise de 50 ans n’a plus «que» six 8000 devant elle pour réaliser son rêve.

Une Suissesse au sommet de l’himalayisme

Sophie Lavaud est une himalayiste au parcours atypique. La Genevoise de 50 ans s’est en effet pris de passion pour l’alpinisme en 2004 seulement après une «banale» ascension du Mt Blanc. Elle officiait alors dans l’événementiel. En 2008, la crise des subprimes pousse sa société à la faillite et du même coup Sophie Lavaud vers l’alpinisme.

En 2012, la Romande réussit coup sur coup ses deux premiers 8000: le Shishapangma et le Cho Oyu. Deux ans plus tard, elle foule le toit du monde et abandonne tout pour se lancer dans l’alpinisme professionnel. Celle qui est surnommée «The 56'000 lady» rêve depuis de devenir la quatrième femme au monde (ndlr: contre 31 hommes) à venir à bout des quatorze 8000 de la planète.

Son objectif se rapproche donc encore un peu. C’est déjà le second 8000 que l’himalayiste met à son palmarès cette année. Le 26 septembre dernier en effet, elle montait au Manaslu. Il ne lui en reste «que» six!

Sa première tentative au K2 avait fait l’objet d’un documentaire de François Damilano intitulé «K2, une journée particulière». «J’accepte l’idée de mourir, en revanche, ce n’est pas quelque chose qui me traverse l’esprit», y confessait notamment Sophie Lavaud.

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On dit du K2 que c’est le plus difficile des sommets de plus de 8000 mètres de la planète. Le samedi 21 juillet , après une première tentative avortée datant de 2016, l’alpiniste genevoise Sophie Lavaud a foulé son sommet après des jours d’effort. « Nous étions une vingtaine à savourer ce moment. Photos, vidéos, larmes, accolades (…) Tous les superlatifs attribués à cette montagne sont tous bien réels (…) Il a joué avec nos nerfs», raconte sur son site internet la romande de 50 ans qui n’est pas encore rentrée en Suisse . Aucun média helvétique ne s’était encore fait l’écho de son exploit jusqu’ici.

Vent, neige et souffrances

Sophie Lavaud est venue à bout des 8611 mètres d’altitude du K2, sommet situé sur la frontière sino-pakistanaise, avec de l’oxygène et aidée de sherpas mais son exploit n’en est pas moins un. Il s’est construit dans la souffrance et l’abnégation. La romande était monté au camps 1 le 16 juillet. Elle avait enchaîné sur le camp 2 le lendemain. Le 18, elle et ses compagnons enfilaient leur gros duvet et montaient au camp 3. «J’ai le souvenir d’en avoir bavé en 2016 mais cette année les conditions dans cette fameuse «black pyramide» sont encore pires. A mi-chemin, le vent souffle en rafale et la neige tombe assez fortement, la majorité du groupe décide de s’arrêter et improvise un camp intermédiaire. Nous sommes que quatre avec nos sherpas à pousser jusqu’au camp 3 à 7350 mètres.»

Il ne faudra pas moins de 9h30 d’effort à la petite équipe pour l’atteindre épuisée. Là, ils doivent encore sculpter des plateformes dans la neige pour y monter leurs tentes, faire de l’eau et manger avant de s’endormir.

«Comme une femme ivre»

Sophie Lavaud et ses compagnons de cordée restent sur place 24 heures, le temps que leur «fixing team» prépare les passages techniques qui les attendent notamment en y creusant des marches et en y installant des cordes fixes. La Genevoise s’y attaque le 20 juillet à 20h30. Il lui reste 1000 mètres de dénivelé, une montagne à ces altitudes où chaque pas demande un effort surhumain! «Le début est en bonne condition avec des grosses marches de neige puis ça se raidit encore et encore et uniquement en glace. Piolet, jumar, crampon droit, crampon gauche, piolet, jumar etc… ne pas réfléchir, continuer, piolet jumar crampons… », raconte Sophie Lavaud. L’alpiniste atteindra le sommet vers 8h15 après 11h45 d’effort. Elle y reste 20 minutes, une éternité lorsque l’on est dans cette «zone de la mort» située au-dessus de 8000 mètres où l’oxygène est rare et les embolies pulmonaires légion.

L’interminable redescente vers le camp 4 situé 3500 mètres plus bas prendra encore environ 12h! «Là, je souffle un peu (…) Noel me dit «you walk like a drunk woman»! (ndlr: tu marches comme si tu étais ivre)… Epuisement total certes mais j’ai quand même trouvé l’énergie pour manger un Dhal Bhat avant de m’écrouler dans ma tente!» (Le Matin)

Créé: 26.07.2018, 08h57

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