Lundi 15 octobre 2018 | Dernière mise à jour 13:54

Entraide Un salon de beauté spécial pour les démunis

Ce dimanche à Lausanne, une cinquantaine de personnes précarisées ont pu bénéficier des soins de coiffeurs bénévoles. Reportage.

Hier à Lausanne, huits coiffeurs et trois manucures se sont occupés bénévolement de personnes dans le besoin.
Vidéo: Laura Juliano

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Un dimanche par mois, rue Saint Martin 18 à Lausanne, se tient un salon de beauté un peu particulier. Un salon de beauté où huit coiffeurs, trois manucures, une maquilleuse et une esthéticienne se serrent dans moins de quarante mètres carrés. Un salon de beauté où on ne paye que d’un mot ou d’un sourire. Un salon de beauté où se côtoient des sans-abri, des bénévoles, des réfugiés, des familles Roms et même quelques chiots.

Cette véritable fourmilière porte le doux nom de MIAM - Mon Instant À Moi. «L’objectif, c’est d’offrir un moment de soin à ceux qui en ont besoin. Souvent, les gens qui sont précarisés, la dernière de leurs préoccupations, c’est de dépenser de l’argent pour se faire beaux», explique Nawel Khemissa, l’une des organisatrices de ces événements qui ont commencé en novembre 2016.

«Je suis beau»

Alignés en rang d’oignons avec les autres coiffeurs, Telmo (lire ci-contre) plaisante avec son «client», Tibi, 11 ans. «Tiens montre-moi comment tu voudrais mettre tes cheveux». Sans hésiter, le garçon attrape le peigne et oriente soigneusement sa mèche fraîchement coupée.

«La prochaine fois, tu vas revenir avec trois copines», rigole le coiffeur. «Je suis content, je suis beau», approuve Tibi. C’est la troisième fois que Telmo se joint à un MIAM lausannois. «Mais j’ai déjà participé à des événements du même style à Londres, à Nice et au Portugal. Au début, je pensais qu’il n’y avait pas vraiment de sans-abri en Suisse parce qu’ils sont un peu plus cachés. Maintenant, j’aide ici», raconte celui qui travaille chez Anita Coiffure à Yverdon.

À côté de lui, Roby Myozaki qui s’occupe habituellement de footballeurs - entre autres le Suédois Zlatan Ibrahimovic - ainsi que de chanteurs et de comédiens s’amuse de ses conditions de travail. «C’est vrai que je suis habitué à un autre univers avec plus de place, plus de calme. Mais on est des professionnels, on s’adapte», sourit-il tout en traçant différentes figures géométriques dans les cheveux du jeune homme assis devant lui.

Celui quitte son fauteuil ravi et est très vite remplacé par un nouveau volontaire. Ce dimanche, 55 personnes étaient inscrites sur les listes qui sont notamment déposées à l’espace d’accueil Le Passage, à la Soupe Populaire ou encore à L’Échelle, un service social de la fondation Mère Sofia. En réalité, certains candidats ne viendront pas et d’autres réussiront, avec la bénédiction des organisatrices, à trouver une petite place à la dernière minute.

«Les aider à s’insérer»

«C’est vraiment ouvert à tous, on ne demande pas les fiches de salaires des gens pour qu’ils puissent se faire coiffer», souligne Nawel Khemissa. L’après-midi se déroule d’ailleurs dans une ambiance décontractée et conviviale. Différents gâteaux sont proposés sur une table et, dans un coin, une éducatrice, elle aussi bénévole, s’occupe des enfants.

«Comme ça, les mamans, qui sont souvent trèsprises, peuvent avoir un moment pour elles», précise l’organisatrice. Au-delà de l’aspect détente, elle précise que ces soins ont également un effet positif sur le moral de ceux qui en bénéficient. «Cela leur permet de sentir moins marginalisés et cela change le regard de la société sur eux, par exemple s’ils doivent se rendre à un entretien d’embauche. Cela fait partie des choses qui peuvent les aider à s’insérer plus facilement», observe la Lausannoise. Elle affirme d’ailleurs que, dans certains cas, la différence avant après est spectaculaire.

Un projet qui se pérennise

Coincée entre la fenêtre et une table de manucure, Mia, 18 ans s’applique à maquiller Maria. «Certains dimanches, quand je me réveille, je préférais rester dans mon lit mais, une fois que je suis ici, je ne veux plus partir, j’ai toujours apprécié ce contact avec les gens. Ils ressortent avec davantage de confiance», raconte celle qui a été l’une des deux premières coiffeuses de l’aventure. Autre instigatrice de l’événement, Cendrine Pouzet se félicite de la pérennité du MIAM.

«Celui-ci, c’est le quatorzième. Au début, on n’avait pas beaucoup de monde, une fois, il y a eu moins de dix personnes. Cela nous a fait prendre conscience qu’il fallait qu’on communique beaucoup mieux», se souvient-elle. Aujourd’hui, l’avenir du projet semble assuré. Une vingtaine de coiffeurs viennent à tour de rôle et, si le bâtiment de la rue Saint-Martin 18 doit être détruit en avril, d’autres lieux ont déjà été trouvés. Un peu plus grand, espère-t-on, car la demande pour ce salon de beauté augmente aussi vite que la précarité. Malheureusement. (Le Matin)

Créé: 22.01.2018, 13h53

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