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Signalisation Une nomenclature bilingue «isch nid so eifach» à Bienne

Faut-il indiquer le nom des rues et des places dans les deux langues? Pas si simple... La «Laure-Wyss Esplanade» mal écrite a lancé le débat.

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À côté de la plaque, Bienne est en train de corriger son erreur: la «Laure-Wyss Esplanade» aurait dû s'écrire sur deux panneaux «Esplanade Laure-Wyss» en français et «Laure-Wyss-Esplanade» en allemand.

Les autorités biennoises ont tranché: ce sera l'«Esplanade Laure-Wyss» pour tout le monde, en hommage à une journaliste et écrivaine, sur un espace vert nouvellement aménagée. Un seul intitulé, c'était une décision présentée comme une première pour Bienne. Sauf que...

Au dernier Conseil de Ville, des voix se sont élevées contre ce choix. Pour le radical romand Maurice Paronitti, un panneau dans une seule langue est une «entorse au bilinguisme».

Inutile et inesthétique

La version allemande «Laure-Wyss-Esplanade» est réclamée par ce juge francophone, mais les autorités ne céderont pas: le mot «esplanade» étant identique en français et en allemand, il est «inutile» et «inesthétique», de l’apposer deux fois sur la même enseigne.

Suite à ce débat, le journaliste Didier Nieto a mené l'enquête pour «Le Journal du Jura». Premier constat: Le bilinguisme sur les panneaux résulte d'une décision prise en 1860 déjà.

«Malgré des pressions politiques répétées, certains lieux n’existent toujours qu’en allemand ou en français», a constaté Didier Nieto. Le répertoire officiel mentionne huit rues monolingues: Im Grund, Sonnhalde, Tanzenmatt, Ring, Rochette, Fuchsenried, Sonnhalde et Falbringen.

Afflux massif

Sur d'autres panneaux, la traduction n’en est pas vraiment une, selon «Le Journal du Jura»: chemin de Beaulieu et Beaulieuweg, Lindenhofstrasse et rue du Lindenhof... Éclairage de Didier Nieto: «L’afflux massif d’horlogers francophones modifie profondément – et durablement – l’ADN linguistique de la ville», au XIXe siècle.

Ce sont les fusions de Bienne avec Boujean, en 1917, puis avec Mâche et Madretsch, en 1920, qui sèment la pagaille dans la toponymie de la ville, avec par exemple trois rues de la Champagne...

Une vaste révision du répertoire toponymique s'achève en 1936, avec des traductions en français, mais Sydebusweg, Weissenrain ou Hintergasse restent sans traduction.

Avec les renards

Faut-il traduire «Fuchsenried» par «Côte-aux-Renards», comme un parlementaire romand l'a suggéré? «Fuchsenried n’a rien à voir avec les renards, c’était le nom d’une famille qui possédait des vignes à cet endroit», explique l'historienne Margrit Wick dans le «Journal du Jura».

En 2002, le Conseil municipal attribue onze dénominations françaises: Hintergasse devient rue Arrière et Rennweg devient chemin de la Course. Mais Ring reste Ring et Sonnhalde reste Sonnhalde. L'«Esplanade Laure-Wyss» attend ses nouveaux panneaux...

Créé: 10.09.2019, 18h07

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