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Santé Vapoter est moins risqué que fumer

Attaquée de toutes parts, la cigarette électronique perd de son attractivité. Un tabacologue tord le cou aux fausses informations sur sa nocivité.

Image: © tibanna79 - Fotolia

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L'EDITO

Dommage, l’élégance a bien failli prendre sa revanche

On y a cru, à la fin de la cigarette électronique. Depuis la diffusion de propos alarmistes sur le sujet, en marge de la publication d’une étude japonaise, on a même imaginé les collègues remballer leurs vapoteuses, leurs innombrables accessoires et autres «e-liquides» à l’arôme de fraise, de menthe ou de chocolat.

Mais, patatras, interrogé par «Le Matin», le tabacologue Jean-François Etter remet l’église au milieu du village. Tant qu’à faire, nous dit-il, les fumeurs ont mille fois raison de privilégier leurs dispositifs futuristes à l’antique clope à combustion.

Bien sûr, «la santé avant tout», «fumer tue», «le tabac est une drogue», et tutti quanti… Et, même en voulant voler dans le ciel étoilé de la provocation, on ne saurait encourager quiconque à ignorer ses poumons pour la seule beauté d’une gitane maïs.

L’esthétique n’est pas la mesure de toute chose. On peut le regretter, penser avec mélancolie à Humphrey Bogart, dopé au whisky et à la clope, qui illuminait chacun de ses films de sa classe infinie. D’aucuns se languissent même du temps où les pubs pour l’alcool ou le tabac ornaient les maillots des cyclistes.
Reste que nous ne vivons pas seuls.Les risques que nous prenons pour notre santé ont des conséquences sur celle des autres, et pèsent sur la société. Et, si le monde d’avant l’«e-cigarette» – même le mot est moche – était plus chic, il était aussi plus toxique.

Alors allez-y, amis vapoteurs. Continuez à vous balader équipés comme des porte-avions pour tirer trois bouffées si cela est essentiel pour vous. Mais, si vous avez gagné la bataille de la santé, ne croyez pas que les non-fumeurs vont se mettre à davantage apprécier de respirer vos effluves aromatiques.

Rapahël Pomey, Journaliste

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Elle a eu jusqu’à maintenant la vapeur en poupe. Or, depuis quelques jours, la cigarette électronique défraie la chronique, suite à la publication d’une étude japonaise. La presse parle d’une substance cancérigène au nom barbare - le formaldéhyde - qui serait présente dans la fumée de l’e-cigarette jusqu’à 10 fois plus que chez son ancêtre de papier. Petit détail: ce chiffre n’est en fait pas tiré de l’étude elle-même, mais d’une interview que le chercheur qui l’a dirigée, Naoki Kunugita, a donnée aux médias. La valeur n’a donc pas été évaluée, vérifiée et confirmée par d’autres experts, comme c’est le cas lors de toute publication dans une revue scientifique. «On peut tout à fait imaginer que ce chiffre est le fruit d’une manipulation accidentelle sur un échantillon», réagit le tabacologue Jean-François Etter.

Un composé «naturel»

Alors qu’en est-il vraiment des niveaux de cette substance dans la cigarette électronique? Ils sont en fait en moyenne 50 fois inférieurs aux quantités décelées dans la cigarette traditionnelle, selon les propres données de l’étude japonaise. Cette quantité moindre de formaldéhyde dans l’e-cigarette est d’ailleurs corroborée par la littérature scientifique. Il faut également savoir que l’aldéhyde formique est un composé auquel n’importe qui est confronté au quotidien: l’organisme en produit, c’est un des polluants les plus importants de l’air des habitations et il est utilisé dans la fabrication de nombreux matériaux synthétiques.

Pour Jean-François Etter, la question du formaldéhyde doit être située dans le contexte des autres composantes de la fumée. «Le goudron, le monoxyde de carbone et les hydrocarbures polycycliques sont les principales substances toxiques du tabac. Or, on ne les retrouve pas dans la cigarette électronique.» A ses yeux, inutile de démontrer que vapoter est sans risque, à partir du moment où l’on sait que l’e-cigarette est de toute façon moins dangereuse que la cigarette traditionnelle. «Cette dernière reste de loin la manière de consommer de la nicotine la plus dangereuse en raison de la combustion.» En ce qui concerne l’évaluation des risques liés à l’e-cigarette, la recherche avance. La toxicité de la nicotine dépend de la dose inhalée. En moyenne, un vapoteur en absorbe des doses équivalentes à celles délivrées par des patchs ou des gommes. «A ce niveau-là, ce n’est pas nocif, à part chez la femme enceinte», avance J.-F. Etter.

Arômes en question

Les points d’interrogation se glissent plutôt du côté des arômes. Ces composants sont utilisés par l’industrie alimentaire et ne présentent pas de risques au niveau de l’ingestion. En revanche, on ne connaît pas les effets à long terme de leur inhalation. Le tabacologue craint que la mauvaise publicité faite à l’e-cigarette détourne certains utilisateurs au profit de la bonne vieille clope. Ce qui serait selon lui une catastrophe du point de vue de la santé publique. (Le Matin)

Créé: 29.11.2014, 09h06


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