Samedi 25 janvier 2020 | Dernière mise à jour 08:09

Envol À l'école des pilotes de drone

Le premier institut de formation en Suisse ouvrira le 22 août à Sierre (VS). Répondant à un véritable besoin, il affiche déjà complet pour 2016.

Vidéo: Laura Juliano

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On a testé le cours

Après un traumatisme subi il y a vingt ans quand j’ai crashé la voiture téléguidée de mon grand frère, je suis plutôt tendue à l’idée de reprendre une télécommande en main. D’autant que la machine en question est cette fois un drone Phantom 4 à 1500 francs. Gaël Gross, formateur à Fly & Film, me rassure: «Il y a un détecteur d’obstacle à l’avant. Et impossible que le drone tombe à pic. Si tu paniques, lâche tout et il se stabilisera.» On me montre comment contrôler le matériel, fixer les quatre hélices comme il faut, vérifier la batterie… et j’ai finalement la télécommande dans les mains. Surtout, tenir les manettes à deux doigts «pour plus de précision», insiste Frédéric Hemmeler, mon instructeur aujourd’hui.

J’enclenche le bouton de marche. La machine décolle en bourdonnant comme un gros insecte. Après quelques fausses manipulations, j’effectue consciencieusement les manœuvres demandées. Gauche, droite, à l’endroit, à l’envers, tourner en carré, atterrir sur un point fixe… «Tu peux y aller, hein!» s’impatiente mon «prof de drone» en regardant sa machine se déplacer à la vitesse d’un bourdon sous neuroleptiques. Il est vrai que le drone est très maniable, il obéit au doigt et à l’œil. Pas de quoi avoir peur. Je m’engaillardis et accélère, faisant revenir la bête à toute vitesse vers nous en marche arrière, jusqu’à sentir le souffle de l’air brassé par les hélices sur mon front. L’instructeur a un bref mouvement de recul: «Attention quand même, le détecteur d’obstacle n’est qu’à l’avant!» Après une vingtaine de minutes, la batterie est morte, il faut déjà s’arrêter. J’aurais bien continué à jouer. Facile, en fait, le drone. Même si cet essai n’était qu’une courte prise en main – la formation ira bien plus loin –, l’instructeur affirme que je suis «plutôt douée». Je me réjouis que mon frère lise cet article.

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Ils seront une trentaine à recevoir leur diplôme cette année. Sur les bancs de cette nouvelle école pour apprentis dronistes, des profils variés: «Trois géologues, un paysagiste, un retraité, des personnes de l’administration pénitentiaire et des amateurs de photo, bien sûr», énumère Frédéric Hemmeler, directeur de Fly & Film, la start-up sierroise qui offre la formation.

Plutôt prévenir que punir

Plus de 20 000 drones virevoltent dans le ciel suisse selon l’Office fédéral de l’aviation civile. Un chiffre qui implique de nombreux enjeux (lire pages 4-5). Aucune autorisation n’est en effet requise pour les machines de moins de 30 kg. Et pas besoin de licence pour les piloter. «La législation est très libérale en Suisse, ce qui est une bonne chose. Mais, pour prévenir les accidents et éviter un durcissement, il faut développer la formation», insiste Frédéric Hemmeler.

Avant de pouvoir passer à la pratique, les pilotes en herbe doivent suivre les cours théoriques et, surtout, réussir l’examen écrit. «A moins de 70% de réponses justes, on est recalé», sourit le directeur. Au programme: droit, lecture de carte, météorologie et même ornithologie. «Comment réagir si un oiseau vole sur la même ligne que moi? Faut-il plutôt monter ou descendre? Un spécialiste viendra tout expliquer.» La pratique est aussi sanctionnée par un test de manœuvres, effectuées sur un terrain sécurisé à Sierre.

Recrutement prévu

Pour les initiateurs du projet, le but n’est pas seulement d’apprendre aux amateurs à piloter. «L’idée est de repérer les élèves doués pour ensuite les recruter.» L’entreprise s’est glissée dans la niche du drone d’épandage et engagera bientôt cinq à sept pilotes en herbe, qu’elle formera aux techniques de pulvérisation en milieu agricole.

Si certains participants visent une reconversion professionnelle et d’autres cherchent juste à s’amuser, bon nombre aimeraient surtout travailler mieux et plus vite grâce aux drones. Le directeur de Fly & Film s’enthousiasme: «Construction, urbanisme, sauvetage, tourisme… les possibilités sont infinies!»

Adrien Bocksberger, berger valaisan de 29 ans, se verrait bien rassembler ses brebis par drone: «Cela fait peut-être perdre un peu de son charme au métier, mais si je pouvais gagner une demi-heure le matin, ce serait pas mal!» Pour se former au pilotage, les passionnés devront débourser environ 1400 francs pour les cinq jours. Une deuxième école devrait voir le jour entre Genève et Lausanne début 2017.

Créé: 15.08.2016, 13h11

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